Existence du mal
Anges, démons
et hommes
Sont décrits, dans différentes religions: les anges
et les démons. Apparemment, l’ange se situe «au-dessus» de l’homme, et l’homme
se situe «au-dessus» du démon. Ces anges et démons ne ressemblent pas forcément
à l’imagerie des bandes dessinées. Quoi qu’il en soit, au moyen de la pensée,
imaginons une rencontre avec un ange.
– Bonjour monsieur l’ange. Auriez-vous l’amabilité
de collaborer à une expérience scientifique?
– Bien entendu! Nous autres, les anges, adorons
rendre service.
– Il s’agit d’une simple vérification. Pour cette
expérience, vous pouvez faire le strict minimum, rien de plus.
– Aucune raison de se limiter. On fera les choses
bien.
– C’est vous qui voyez. Alors voilà. Il s’agirait,
pour vous, de faire, mais vraiment à peine: le mal. Un tout petit peu. Une
microscopique peccadille.
– J’aurais adoré vous aider, mais là, impossible!
Désolé! Je suis physiologiquement incapable de faire le moindre mal. Ce n’est
pas inscrit dans ma nature.
Toujours au moyen de la pensée, maintenant, rendons
visite à un démon.
– Bonjour monsieur le démon.
– Va te faire f…
– Avant, accepteriez-vous de participer à une
expérience scientifique?
– Même pas en cauchemar!
– Attention, cette expérience est perverse.
– Ah! fallait le dire tout de suite. Quand est-ce
qu’on commence?
– Pour cette expérience, vous pouvez faire le strict
minimum, rien de plus.
– Quand il s’agit de perversité, pas question de se
gêner. On mettra le paquet.
– Il suffirait, pour vous, de faire, mais vraiment à
peine: le bien. Un tout petit peu. Une infime bonne action.
– B… de m… de p… de c…, ça, c’est pervers! Y a pas
plus dégueulasse. Rien que d’y penser, je balise. Heureusement, impossible pour
moi de commettre le moindre bien. Ce n’est pas inscrit dans ma nature.
A présent, plus besoin de faire un effort
d’imagination, puisqu’on passe aux hommes. Certains s’efforcent de faire le
bien autour d’eux. D’autres se complaisent à persécuter leur entourage. A
chaque seconde de sa vie, l’homme peut ainsi choisir. C’est sa supériorité sur
l’ange, il est imprévisible. Les hommes sont par conséquent bien plus
passionnants, pour Dieu, qu’anges et démons. L’histoire humaine n’est jamais
inscrite à l’avance.
La liberté personnelle est sans doute le cadeau le
plus précieux accordé à l’homme, mais cette liberté se paie le prix fort.
Le
mal permet de rendre l’homme libre envers la Conscience Initiale.
Le
mal est un point capital de la création divine: indispensable.
L’existence
du mal conditionne la liberté de l’être.
Le
mal est nécessaire car il rend possible l’exercice de la liberté accordé par la
Conscience Initiale à Son endroit. Il s’agit d’une contrepartie. L’obscurité
qui met en valeur la lumière.
Sans
l’existence du mal, l’homme ne pourrait être libre vis-à-vis de la Conscience
Initiale.
La
Conscience Initiale sait que l’existence du mal est nécessaire.
La
Conscience Initiale sait que sans l’existence du mal, l’homme ne serait pas
«libre».
Séparer
irréversiblement la Conscience Initiale de la conscience humaine permet d’octroyer
à l’homme le plus grand des cadeaux que puisse lui faire Dieu, sa liberté. Une
liberté totale. Ce cadeau ne se refuse pas. Il se paye au prix fort. Il se
reçoit avec gratitude.
Avant
l’arrivée des hommes, la Conscience Initiale savait qu’ils s’adonneraient au
mal.
La
Conscience Initiale n’a aucune raison de reprocher aux hommes de tomber dans le
piège prévu pour eux.
Sans
passer par l’étape du mal, l’homme n’accède pas à la «liberté».
Fort
de sa liberté, l’homme a le droit d’ignorer la Conscience Initiale. Rien ne
l’empêche de commettre les pires abjections.
En
ignorant la Conscience Initiale, en s’adonnant aux pires abjections, l’homme
subit, tôt ou tard, les conséquences de son ignorance, de ses manquements.
La
méconnaissance de la Conscience Initiale entraîne une frustration mentale chez
l’homme livré à l’incompréhension d’un monde où se perd son destin.
Le
mal commence par un jeu. Très vite, celui-ci devient addictif.
Les
manquements aux lois du bien entraînent, un jour ou l’autre, diverses
catastrophes, facilitées par l’«inconscient», destinées à broyer l’ego «buggé».
L’homme
peut devenir «libre» à condition de ne pas faire le mal.
Bien
que le mal soit nécessaire, l’homme doit tout faire pour l’empêcher d’opérer.
C’est le jeu divin.
La
liberté de l’homme envers la Conscience Initiale, d’ordre métaphysique, quand
elle est bafouée, se transforme, d’une manière ou d’une autre, tôt ou tard, en «régime
pénitentiaire», d’ordre physique, sur terre. D’autant plus implacable que le
coupable s’adonne davantage au mal.
Même
quand son destin le gâte, chaque homme, dès la naissance, est condamné à mort,
à perdre les êtres chers, à tout perdre.
La
mort de chaque homme est un châtiment.
Croire
que certains hommes ne connaissent pas la moindre contrariété durant toute leur
existence sur terre (à commencer par la perte inéluctable de leur vie ou celle
des proches) relève de l’aberration.
Le
«régime pénitentiaire» sur terre, peu à peu, s’adoucit, avant de s’effacer, au
fur et à mesure qu’avance l’amendement du coupable. Il lui faut, pour cela,
lutter contre le mal. Le sien propre comme le mal collectif.
Le
séjour terrestre forme un terrain d’exercice idéal pour se confronter aux
différentes manifestations du mal.
L’homme
devient «libre» quand il renonce au mal.
Renoncer
au mal, c’est respecter les règles de la moralité.
Le
bien consiste à priver le mal de ses pouvoirs.
Personne
ne peut annihiler le mal. Il est un élément constituant de la conscience
humaine.
Le
mal ne se supprime pas, il se paralyse.
Après
de nombreuses réincarnations, l’homme quelque peu évolué oublie ses
inclinations de la période où il sombrait dans le mal extrême.
Une
fois «vaincu», le mal doit être scellé au moyen d’innombrables chaînes et placé
derrière une porte imaginaire sur laquelle on inscrit: «ne jamais détacher la
chose immonde enfermée là».
Dès
que le mal est enchaîné, l’homme devient libre.
Le
ténébreux caveau où pourrit le mal s’avère être, pour l’homme sage, son «assurance
tous risques». Au moindre prodrome de faiblesse, chez lui, il entrouvre la
porte du lieu maudit et la referme aussitôt. Juste le temps qu’empeste un
infime miasme démoniaque. C’est suffisant pour lui rappeler les efforts
surhumains qui furent nécessaires à l’enfermement de l’abomination.
Une
seule bribe de souvenir du parcourt semé d’épines menant au «sommet», après la
chute, qui exige tant d’efforts, si souvent aux limites du supportable, surtout
lors de l’ultime étape, quand pour chaque pas, le pied semble retenu par une
boue collante, enserré dans un brodequin en plomb, s’identifiant à une agonie
douloureuse jamais interrompue, le pas suivant pesant plus encore, et le
suivant encore davantage.., suffit à ôter l’envie de recommencer un cycle
infernal.
Pour
l’homme sorti du «précipice», céder au mal implique un «retour à la case
départ». La pire des situations, où l’ego retrouve la misère extrême, sous
toutes ses formes. Dès lors, pas le moindre bout de l’ascension désespérante,
titanesque, ne lui sera épargné. Avis aux élèves qui apprennent les règles
divines. C’est le jeu.
Rien
n’oblige l’innocent ou l’imbécile à sauter dans le «précipice», sinon leur
stupidité commune. Innocence ou défaut mental ne constituent pas des
passe-droits.
L’individu
bien loti, estimant que le sort de l’affligé provient du ciel et ne mérite donc
aucun allègement, matériel ou autre, devient candidat prioritaire pour un jour
tenir ce rôle à son tour. Comme au théâtre. Mais en pareil cas, aucun acteur
sain d’esprit ne sollicite l’interprétation «réelle» d’un tel personnage.
Le
jeu divin n’est pas un jeu de dilettante.
Seul
l’inconscient pactise avec les suppôts des «forces du mal». Ceux-ci n’ont
qu’une idée en tête: démolir l’imprudent qui sollicite leur collaboration,
après une période avantageuse, évidemment. On attire le gogo avec quelques
succès immédiats. La suite n’a rien de drôle. Dès que les événements se gâtent,
la situation empire vite. Le naïf est dépouillé de tout, salement. Nul n’évite
les avatars infamants. Sans exception. Aucune parade ne pourrait déjouer le
châtiment. A ce jeu, qui gagne perd. Toujours. Eternel manège: allécher
l’innocent ou l’imbécile, pour ensuite les détruire, en se f… de leur g...
Le
jeu divin n’est pas une sinécure pour les tricheurs.
La
Conscience Initiale n’a pas créé un monde gentillet pour des créatures
insipides, moutonnières, pusillanimes, à mentalité d’esclave.
La
Conscience Initiale a créé un monde pour des hommes responsables et moraux.
La
Conscience Initiale veut des hommes «libres», pas une masse servile de
créatures décervelées.
Tous
les univers s’ouvrent aux êtres moraux.
Pour
ne pas endurer les conséquences terribles du mal dont on est responsable, il
suffit de se conformer aux règles morales.
L’existence
du mal avec le système karmique (justice divine) est une œuvre parfaite.
La
Conscience Initiale ne se «salit jamais les mains», les «démons» sont ravis de
châtier à Sa place. Encore que rendre service à quiconque ne soit pas, chez
eux, intentionnel. Ne sachant rien faire d’autre que le mal, personne ne peut
les dompter. Rien ne peut les contenir, sauf l’amour qui les pétrifie: barrière
infranchissable.
Quand
l’ego cesse d’exercer la scélératesse, motivant leur présence, les «démons», dans
l’incapacité d’interrompre leur malfaisance, retournent ce pouvoir destructeur
contre eux-mêmes, et s’anéantissent. Toutefois, au moindre recommencement
d’ambition malveillante par l’ego, ils resurgissent de la vacuité.
Les
«démons» ne ressemblent pas forcément aux créatures de l’iconographie
artistique. Il s’agit de forces qui doivent rééquilibrer la disharmonie du
monde. L’entendement de leur présence peut varier. Prenons une analogie. Un
homme moderne met les doigts dans une prise électrique. Il se dit: «je n’ai pas
coupé le courant». Maintenant, un primitif, n’ayant jamais entendu parler
d’électricité, touche cette prise. Il se dit: «se tient là un méchant génie».
Pourtant, dans les deux cas, c’est la même chose. Chacun prend une forte
secousse.
Après
la secousse électrique, le primitif crée dans son cerveau l’image d’une entité
surnaturelle parce qu’invisible.
Après
la secousse électrique, l’homme moderne pense à une force scientifique, bien
qu’invisible.
Nombre
de phénomènes naturels restent inexplicables pour les primitifs: éclairs,
tonnerre, séismes, tsunamis, épidémies… Les récits mythiques sont ainsi peuplés
de créatures d’un monde suprahumain, imaginaires, terrifiantes,
incompréhensibles, extravagantes.
Des
individus particulièrement sensibles imaginèrent d’autres créatures
chimériques: nymphes, faunes, lutins, farfadets, gnomes, kobolds, gobelins,
trolls, croquemitaines, licornes, anges, fées, fantômes, «dames blanches», etc.
Aujourd’hui,
nombre de ces créatures mythiques sont observées par le commun des mortels dans
certains parcs d’attraction, ou divers spectacles. Pas ailleurs.
Pour
des individus très sensibles, les «esprits de la nature» peuvent motiver
d’«étranges expériences psychiques» que leur cerveau «traduit» en créatures
fantastiques puisées dans le répertoire culturel du pays. De même que le
subconscient «traduit» ses messages par des archétypes au cours des rêves.
Le
mal n’est pas extérieur à l’homme. Le «diable» ou les «démons», en vue de
tourmenter l’humanité, ne le fabriquent pas de leur propre chef dans quelque
chaudron fumant d’un enfer torride. Pour que le mal existe, il faut une
contribution des ego «buggés», lesquels ont forcément «amorcés la pompe», à un
moment ou à un autre. Ensuite, l’implacable processus suit son cours. On
pourrait comparer ce mécanisme à une maladie. Tant que l’organisme se conforme
aux règles de la bonne santé, les agents pathogènes demeurent à l’état
potentiel. Si l’individu transgresse les contraintes sanitaires, la maladie se
déclare. Dans un tel cas, la conduite inadaptée provoque le mal, pas
l’organisme. Ne voyons donc pas en les «démons» une cause mais un facteur
annexe qui permet de matérialiser la scélératesse du mental malsain.
Dès
que l’ego est sur le point de céder à des pulsions mauvaises, les «démons»
s’activent. Cela peut prendre différentes formes: tentations, suggestions,
incitations, hallucinations, «inventivité», endoctrinement… Les mauvais
conseilleurs, les embobelineurs, les fielleux sont légion. Ils ont pour
religion la sophistique. Leur dieu est la cruauté qu’ils adorent associer à Son
nom en qualifiant, d’une façon détournée, cette salope du terme «bien».
L’être
qui se livre au mal ensuite le subit, décuplé.
Parvenu
au «sommet», le fautif n’obtient néanmoins aucun pardon de Dieu pour ses
crimes. Refus de pardonner sans juger. Nul reproche divin. Avec amour, la
Conscience Initiale suit son plan. En refusant son pardon, la Conscience
Initiale fait au coupable, à l’homme, une fois encore, le plus beau des
cadeaux: sa liberté.
L’existence
du mal conditionne la liberté de l’homme envers la Conscience Initiale. Son
souvenir aussi.
Lucifer
Le
mal exercé par chaque homme interagit avec celui des autres hommes. Cela donne
lieu, plus ou moins fréquemment, à des conflits armés. Afin que la porte
ouverte aux meurtres «légalisés» des soldats, foisonnants, ne perturbe gravement
l’équilibre du monde, la Conscience Initiale intervient. A l’ordinaire, la
Conscience Initiale S’en abstient car Son «scénario» originel est prévu pour se
dérouler d’une façon autonome.
Puisque
les forces du bien et du mal s’affrontent, la Conscience Initiale a besoin d’un
adversaire. Comme aux échecs, dont les règles, d’ailleurs, peuvent inspirer des
réflexions profondes. Cet adversaire est Lucifer. En réalité, pas un
adversaire, mais Son partenaire.
Pas
plus que le pire des criminels humains, Lucifer n’est damné pour l’éternité.
L’«ange
déchu» n’a pas davantage une nature d’ange que le meilleur des hommes sans
défaut sur terre (en admettant son existence possible). Mythe inconcevable.
Exposé au mal, tout ange se comporterait comme une poule devant un couteau.
Laissons par conséquent cette figure de vitrail aux ingénus.
La
Conscience Initiale S’est façonnée une altérité à partir d’un de Ses aspects.
Telle la face cachée d’une étoile. Brillance «obscure». La Conscience Initiale
peut dès lors «jouer» avec Elle-même. Avec un stratège à Sa mesure.
Lucifer
sert la Conscience Initiale. C’est sa mission.
Lucifer
tient du régisseur, en coulisse, qui organise le spectacle conçu par un autre.
Son nom n’est pas destiné à figurer en gros sur les affiches. Il porte et
apporte la lumière, mais ne se met pas en lumière.
Ayant
bénéficié de l’entière liberté d’agir, Lucifer se comporta comme toutes les
créatures auxquelles est accordé ce privilège, il en abusa. La Conscience
Initiale dut le mater.
Aucun
temple pour Lucifer.
Aucun
culte ne doit le célébrer.
Aucun
chant de louanges pour lui.
Aucune
prière adressée à lui (sans effet).
Aucun
prêtre n’officie pour lui.
Aucun
apôtre ne prêche pour lui.
Aucun
prédicateur n’endoctrine pour lui.
Ne
pas prononcer son nom en public lui convient.
Tout
temple, culte, thuriféraire, existant ne dispose aucunement de son soutien.
S’ils
le veulent, les artistes peuvent faire figurer Lucifer, d’une manière allusive
ou non, dans leurs œuvres. Et même, autant qu’ils le veulent. L’air sympathique
aussi bien que terrifiant. Peu importe. Pour lui, cela revient au même. Sa
réputation l’indiffère.
Depuis
le début de l’humanité, l’enchaînement des événements, que les hommes nomment
histoire, est ouvert. Concernant l’essentiel, les hommes déterminent leur
destin librement, au niveau individuel ou collectif. La Conscience Initiale,
avec le concours de Lucifer, veille seulement à éviter des errements
irréversibles, sur une grande échelle, qui compromettraient l’évolution
d’innombrables personnes. Jamais plus de mal déchaîné que l’humanité en
progression ne pourrait résorber. Pas plus, mais pas moins: à l’heure du «solde
de bilan» d’une époque. Les proportions justes doivent être respectées. Ainsi
le veut la règle divine.
Peu
ou prou, nul humain n’est en état d’échapper aux effets désastreux des causes
perverses. Règle à jamais inchangée. Ni la Conscience Initiale ni Lucifer ne
s’autorisent une dérogation.
L’assistance
céleste ne consiste pas à tenir le glaive de chaque combattant. Il s’agit, pour
la Conscience Initiale (comme pour Son partenaire), de rendre propices certains
moments déterminants au moyen d’incidents subtils, indécelables. Les «miracles»
tels que «mer qui s’ouvre en deux», «marcher sur l’eau» ou «chevauchée dans le
ciel» sont imaginés par des fabulateurs voulant subjuguer les gogos assoiffés
de merveilleux, faciles à berner.
Ce
duel entre démiurges appelle des stratégies raffinées. Les meilleurs «coups»
sont imprévisibles, ceux nécessitant le moins d’intervention possible. Cela
pourrait se comparer à l’expression artistique. L’économie de moyens qui
produit le maximum d’effet. Bravo les Artistes!
Lucifer
«pousse à la faute» les ordures par des tentations malignes: sa technique.
Quand
Lucifer «pousse à la faute» les ordures, le résultat épouvante l’humanité.
Lucifer
n’est pas un tendre.
Immanquablement,
les ordures tombent dans le panneau de Lucifer, et perdent tout.
Quoi
qu’il arrive, la Conscience Initiale ne perd jamais. Comme aux échecs, une
partie s’arrête toujours un coup avant la «prise du roi».
Diable et démons
Le
diable est une bête répugnante que seul Lucifer sait manœuvrer.
Comme
la Conscience Initiale, Sa face cachée ne se «salit jamais les mains». En chef
de meute, à la tête d’une foule d’innombrables «démons», le diable fait le «sale
boulot». Là où on lui dit, comme on lui dit. Pas ailleurs. Pas plus.
Comme
les «démons», le diable est une sorte de virus, pas «vivant» au sens des
créatures organiques. Son existence dépend du «terrain». Si l’ensemble des gens
parvenaient à ne plus outrepasser les règles divines qu’inspire la sagesse, il
disparaîtrait aussitôt, automatiquement. Mais à la moindre rechute, le voici de
retour.
La
soumission du diable a une raison. En présence de Lucifer, le Malin ch… dans
son froc. Pas pour se parfumer, par trouille. Comme un asticot près de
l’hameçon. Devant cette puissance incommensurable, tout homme ferait de même.
Autant, si la chose était possible, se tenir à proximité du soleil en éruption.
L’armée
des forces du bien recrutent les hommes «libérables» et «libérés». Ceux-ci
œuvrent, avec la coopération des simples mortels estimables, consciente ou non,
afin que s’appliquent les directives de la Conscience Initiale.
L’armée
des forces du mal est composée d’une foule de «démons». S’enrôlent dans ses
rangs, les individus, consciemment ou pas, qui cèdent à leurs mauvaises
pulsions.
Lors
des conflits entre terriens, la Conscience Initiale et Son partenaire ne
prennent parti pour aucun groupe en particulier, comme le croient stupidement
les esprits simplistes, religieux. Selon les besoins, chaque camp bénéficie de
l’intervention adaptée de la Conscience Initiale et de Lucifer. Le moins
possible. Ici une «tour», là un «cavalier»… Dans chaque clan, certaines
personnes font preuve d’humanité tandis que d’autres se comportent comme des
êtres indignes. La Conscience Initiale et Lucifer le savent.
Art
La
Conscience Initiale n’entrave aucune expression artistique, laïque comme
religieuse, élitiste ou populaire: musique, chant, danse, cinéma, théâtre,
peinture, sculpture, architecture, graphisme, design, poésie, littérature,
bande dessinée…
Pas
moins que la Conscience Initiale, Lucifer apprécie les productions artistiques
créées par l’humanité.
La
Conscience Initiale n’interdit pas qu’on fasse Son image. D’autant moins qu’il
s’agit d’une totale impossibilité. Comment représenter matériellement la
conscience, qu’elle soit d’ailleurs divine ou humaine, laquelle se caractérise
par une absence de poids, taille, couleur, composition chimique, structure
nucléaire, densité, masse, etc.? Le «Rien du tout», par conséquent, n’autorise
aucune représentation «fidèle à l’original». Ce n’est cependant pas une raison
pour interdire un tel dessein. Partant d’une observation juste, les musulmans
poussent le raisonnement jusqu’à l’absurde. Quand un artiste montre Dieu, ce
n’est pas Dieu que l’on voit, c’est le Dieu, par exemple, de Michel-Ange ou le
Dieu de Raphael. Selon leur imagination. Aucun mal à cela.
Avec
la bonté, la disposition à l’entraide, la compréhension.., la Conscience
Initiale apprécie chez l’homme: l’humour. Elle goûte le rire, lorsqu’il
s’accompagne d’une présence d’esprit.
Dieu
n’est pas un pisse-froid.
La
Conscience Initiale souscrit à l’évolution des mœurs que toutes les
populations, en état de progresser, expérimentent. Quitte à ce qu’elles
endiguent ultérieurement certains fourvoiements. Les erreurs font partie du
processus didactique. Aucune «autorité morale» n’est habilitée à imposer une
seule pratique sexuelle, celle permettant de perpétuer l’espèce. Aucune
«autorité morale» n’est habilitée à interdire l’homosexualité. Les enfants
doivent être impérativement préservés. Ne rien imposer que l’autre refuse. Ici
comme ailleurs: éviter les excès.
Femme
et homme sont égaux en droits.
Dieu
n’est pas un rigoriste pathologique.
Bonheur
Très
tôt, l’individu sur la voie du salut libérateur doit comprendre qu’une des
missions prioritaires de l’homme consiste à découvrir, par lui-même, comment
être heureux, le plus souvent possible. Quoi qu’il arrive. En vue d’éprouver de
la joie, tous les moyens sont bons, hormis martyriser d’autres êtres. Le
bonheur d’un individu environné de gens malheureux repose sur du sable.
L’égoïste se berce d’illusions. Le bonheur n’exige pas une surabondance de
biens matériels.
Les
soucis d’argent gâchent le bonheur. Celui qui dispose de moyens suffisants pour
vivre n’a pas de «soucis d’argent». Il peut accéder au bonheur. Le riche,
obnubilé par ses spéculations risquées, a des «soucis d’argent». Le bonheur lui
échappe.
La
répétition excessive des choses appréciées rendent celles-ci de moins en moins
attrayantes.
Ici-bas,
celui qui ne sait pas être heureux malgré l’adversité, dans l’au-delà, sortira
vite du «paradis», forcé de revenir sur terre. L’obligation de découvrir le
moyen d’être, ici-bas, autant heureux que possible, s’applique aussi aux
riches.
Vivre
l’éternité avec le poids sur sa conscience de crimes impardonnés ne transforme
cependant pas l’existence en enfer. Le temps estompe les noirs souvenirs.
Ceux-ci restent enfouis dans un coin discret de la mémoire, presque
imperceptibles.
Après
une période paraissant interminable, grâce au voisinage divin, l’homme «libéré»
parvient même à se pardonner ses propres fautes, ou peu s’en faut, alors que
cette éventualité paraissait tellement hors de portée qu’elle n’était jamais
sollicitée.
Durant
l’éternité, l’homme «libéré» ne connaîtra jamais un bonheur absolu puisque le
souvenir, infime, de ses crimes passés persiste à jamais. Il ne pourra être
heureux, en permanence, qu’à 99,99 %. Toutefois, être heureux, sans
discontinuer, à 99,99 % surpasse, et de loin, tous les états extatiques
des béats.
Certains
abrutis ont besoin d’exceptionnel pour être heureux dans l’au-delà: jardin
édénique tiré au cordeau, rivière de miel (quelle drôle idée!), plusieurs
dizaines d’habitantes du gynécée personnel pourvues d’un remplacement des
rustines automatique, etc. Pour eux, c’est perdu d’avance. Avant même un
million d’années, la folie les aurait terrassé.
En
dépit d’un train de vie modeste, celui qui sut être heureux ici-bas, sans
cesse, obtient, dans l’au-delà, par-dessus le marché, d’innombrables cadeaux
divins. Des offres inimaginables. L’inattendu est toujours favorisé, toujours
renouvelé. La Conscience Initiale ne mégote jamais.
Etre
heureux en permanence n’implique pas de se shooter à l’extase spirituelle, sans
dégriser. La Conscience Initiale souhaite qu’on ait les yeux en face des trous.
Entre les longs moments de délassement, il faut parfois «boulonner» dans
l’au-delà. Chaque «travail» y est cependant toujours passionnant. L’«espace
paradisiaque» n’accueille pas les feignants.
Etre
heureux par soi-même, le plus souvent possible, n’a rien d’aisé. On doit éviter
d’agir n’importe comment. Est exclue l’aide des drogues. La Conscience Initiale
n’admet pas la triche, en outre délétère. L’usage des substances toxiques ouvre
les «portes de l’enfer». L’enfer personnel parfois déborde, se communiquant à
d’autres personnes. La consommation des stupéfiants altère les capacités
mentales. Elle mène souvent à la délinquance, la prostitution, le crime, le
suicide.
Portes de l’enfer
Si
les «portes de l’enfer» ne sont pas refermées avant la mort, dans l’au-delà,
elles restent ouvertes. La «sanction» mentale s’y exerce alors avec autant de
sévérité. Suicide déconseillé. Il ne fait qu’empirer les choses.
Affirmation
la plus idiote au monde: «j’arrête quand je veux!».
Depuis
des lustres d’action stérile, les pouvoirs publics ne parviennent même pas à
enrayer la progression toxicomaniaque. Attendre un renoncement de la part des
drogués, seulement parce qu’on augmente toujours plus les moyens judiciaires,
est faire preuve d’une candeur d’impubère. Partout, les échecs se succèdent.
Les membres de l’«élite» se droguent autant que le peuple, sinon davantage. Si
la chasse aux trafiquants était efficace, cela se serait.
La
quantité astronomique d’argent résultant du trafic de drogue a des conséquences
pires que les ravages sanitaires. Ce fric maléfique entraîne une corruption qui
pourrit la tête, puis le corps entier de l’Etat.
Ceux
qui soutiennent la pérennisation de l’interdit des drogues s’engraissent grâce
à cette aberration politique. Les nigauds répètent doctement l’absurdité. Et
n’oublions pas les innombrables emplois assurés dans divers secteurs: douane,
police, justice, administration carcérale, etc. Un homme d’église a dit: «ils
bouffent dans la même gamelle». Mais, chut! Les responsables ne le diront
jamais.
Abolir
la prohibition des drogues ruine les trafiquants et assainit l’Etat. Les
Occidentaux autorisent déjà l’alcool (drogue aujourd’hui légale). Permission
plus intelligente qu’une prohibition impossible à faire appliquer.
Parallèlement, il faut lutter avec efficacité contre l’usage des drogues en
recourant aux mesures innovantes du SYADE. La Conscience Initiale n’est pas une
puritaine psychorigide. Elle sait que les hommes, au cours de leur évolution
sur terre, ne peuvent tous se conduire immédiatement comme des ascètes. Encore
que l’outrance comportementale de ces derniers ne soit pas un modèle.
Certains
zozos pas très catholiques utilisent la drogue pour abuser des égarés. Ils
persuadent ces andouilles d’aller exploser au milieu d’innocents afin de faire
plaisir à Dieu. Quelle arnaque de m…! C’est prendre Dieu pour un c… et Le
transformer en vicelard éhonté. Apogée de la truanderie. Ces escrocs criminels
à plumage religieux accompagnent les shoots d’une mise en scène, censée
préfigurer l’éden, agrémentée de putes expérimentées. Leurs roueries. La
Conscience Initiale n’honore pas le suicide intéressé des martyres. Que dalle!
Et des revendications du niquedouille venant réclamer son dû, Lucifer s’en «torche
le c…». La «rétribution» qu’il lui réserve est fort déplaisante.
L’au-delà
qui attend les hommes «libérés» est bien préférable aux sornettes des
fabulateurs. Qu’est-il, au juste? Détailler un domaine inconnaissable, sur
terre, par l’ensemble des gens revient à blouser les gogos. Si vous n’avez
aucun moyen de vérifier l’exactitude des discours d’un mythomane, il est
hasardeux d’en tenir compte. Les suppositions touchant un tel sujet
appartiennent au romancier, à l’auteur de scénarios, attendu que personne ne se
sent obligé d’y croire.
Mort
La
mort de chaque homme est un châtiment.
L’absence
de certitude absolue que l’existence continue après la mort fait partie du
châtiment.
L’espace-temps
de l’«au-delà» reste matériellement inaccessible aux hommes pour laisser
ceux-ci dans le doute: leur châtiment.
Au-delà
Dans
l’«au-delà», personne ne voit Dieu car la Conscience Initiale, comme toute conscience,
est un système perceptif totalement invisible.
Le
«contact» avec Dieu est identique dans l’«au-delà» et sur terre.
Entre
deux réincarnations, l’être humain peut éventuellement rencontrer sa «divinité»
attitrée (déesse ou demi-dieu) sans le savoir. Et réciproquement. Ainsi procède
le «destin», afin que les parties de chaque «un» sectionné conservent des liens
ténus. Pour rechercher quelqu’un, il faut savoir qu’il existe.
L’endroit
où vont les hommes, entre deux réincarnations, est un espace-temps
matériellement impénétrable aux vivants. Même le plus puissant des télescopes
ne pourrait détecter sa présence. Il s’agit d’une «école complémentaire» qui
permet de préparer chaque individu à sa prochaine réincarnation.
Se
réincarner dans notre espace-temps puis retourner dans l’«école
complémentaire», cycliquement, n’est plus obligatoire pour l’homme «libérable».
L’espace-temps
qui correspondrait à l’«enfer» qu’évoquent différentes croyances religieuses
n’existe pas. Concept inutile. Les souffrances sur terre (pour raison
éducative, rédemptrice ou afin de fortifier l’âme), égalent largement celles
infligées par diverses puissances infernales qu’imaginent des cerveaux
déstabilisés.
Les
natifs d’un espace-temps «inférieur» ne peuvent pas accéder aux univers
«supérieurs». Impossibilité physiologique: un bas niveau moral cause la
formation d’une impalpable barrière infranchissable. Ce barrage fonctionne
automatiquement, suivant les règles karmiques. On pourrait illustrer un tel
phénomène à l’aide d’une image extravagante. Des êtres de haut niveau moral foulent
sans problème le sol d’une planète bizarre. En revanche, des créatures à la
moralité déficiente s’y enfoncent. En disparaissant sous la surface planétaire,
elles se retrouvent dans leur monde non évolué.
Comme
notre univers, l’«au-delà», où se rendent les humains entre deux réincarnations
(école complémentaire), est un espace-temps «inférieur».
Chaque
espace-temps «supérieur» est peuplé d’habitants très évolués, qui respectent
toujours les lois morales. Univers où n’existent ni police ni services
judiciaires ni armées. Le vol n’y existe pas. Personne n’y manifeste de
l’agressivité.
Les
habitants des univers «supérieurs», parfois, «descendent» dans un espace-temps
«inférieur», pour diverses raisons. L’humain «libéré» est forcément accompagné
de sa divinité attitrée, qui assure sa protection. Le couple ne se sépare
jamais.
Si
un individu peu évolué se montre agressif, grâce à sa prescience, la divinité
anticipe l’attaque. Avec une grande économie de moyens, elle modifie, dans
l’environnement, quelques détails apparemment insignifiants. Comme sous l’effet
du hasard, une bourrasque emporte un élément du décor qui s’écrase sur
l’agresseur, son arme s’enraye, des appareils explosent en recevant la foudre,
les véhicules cessent d’obéir à leur conducteur, d’ahurissants phénomènes
contrecarrent l’incursion d’autres assaillants, etc. Le couple peut aussi
disparaître d’une façon inexplicable. Superstitieuses, les créatures primaires
s’enfuient épouvantées…
Pour
passer inaperçu, les visiteurs des mondes «supérieurs» prennent l’apparence de
dignitaires du régime ou d’anodins promeneurs. La divinité peut aussi, par
télépathie, rectifier les ordres des soldats…
La
divinité cache aux créatures primaires qu’elle a des pouvoirs prodigieux. Il ne
faut pas modifier le rythme d’évolution des populations arriérées.
Comment
un infime détail peut-il changer le cours de l’histoire? Par exemple: une
brindille allumée par un tesson de bouteille met le feu au bois tout proche.
Les pompiers détournent la circulation. Le détenteur d’un secret décisif ne
peut rejoindre l’état-major à temps. L’issue d’une guerre bascule…
La
«descente» dans un espace-temps «inférieur» peut être motivée par le goût de
l’exploration à but élevé (scientifique, culturel…).
La
«descente» dans un espace-temps «inférieur» peut aussi avoir pour but
l’assistance aux êtres en formation. Exemple: quand, sur une grande échelle,
l’absence de progrès moraux s’éternise. Il suffit alors de modifier des
événements bien choisis. Quelques «incidents mineurs», d’apparence fortuite,
débloquent la situation. Cela se fait en toute discrétion. Les êtres très
évolués ne se transforment jamais en prophète ou messie. Ils ne s’expriment
jamais publiquement.
Aucun
être très évolué ne se rend dans un espace-temps «inférieur» afin de se
divertir.
Il
n’existe pas de religion spécifique au «lieu» du séjour entre deux
réincarnations.
Sur
le «lieu» du séjour entre deux réincarnations, les fidèles d’une religion
terrestre peuvent continuer à la pratiquer.
Dans
l’«au-delà», les êtres que cela intéresse peuvent suivre des cours permettant
d’approfondir la «législation divine» et le système karmique. Contrairement à
l’enseignement religieux, cette connaissance ne comporte aucun dogme. Il s’agit
d’une science susceptible d’évoluer.
Dans
des sortes d’universités de l’«au-delà», on enseigne la «législation divine».
Nul n’impose de suivre des cours. Pour s’inscrire à une telle université, il
suffit d’être volontaire.
Dans
diverses universités de l’«au-delà» où l’on enseigne la «législation divine»,
certains professeurs sont des êtres «libéré» (humains et «divinités»). Ils
œuvrent sans révéler leur niveau d’évolution.
Père Noël
Tant
que les extraterrestres demeurent invisibles, sans preuves indiscutables,
explicables par la science, leur existence, sur terre, s’identifie à celle du
père Noël.
Tant
que les fantômes demeurent invisibles au grand public, sans preuves
indiscutables, explicables par la science, leur existence s’identifie à celle
du père Noël.
Tant
que les vampires demeurent invisibles au grand public, sans preuves
indiscutables, explicables par la science, leur existence s’identifie à celle
du père Noël.
Tant
que les zombis demeurent invisibles au grand public, sans preuves indiscutables,
explicables par la science, leur existence s’identifie à celle du père Noël.
Tant
que les lutins, farfadets, kobolds, trolls, etc., demeurent invisibles au grand
public, sans preuves indiscutables, explicables par la science, leur existence
s’identifie à celle du père Noël.
Tant
que les effets des superstitions demeurent improuvables par la science, leur
existence s’identifie à celle du père Noël. Au lieu d’exécuter des momeries
propitiatoires, mieux vaut avoir un comportement correct dans la vie. C’est
plus efficace. Les combines irrationnelles ne favorisent ni n’entravent le
destin.
Tant
que les «ancêtres» décédés, munis de pouvoirs physiques s’exerçant sur le monde
des vivants, demeurent sans preuves indiscutables, explicables par la science, leur
existence s’identifie à celle du père Noël.
Des
«consciences collectives» peuvent exister: animales, végétales… Leur invocation
est devenue inutile, aujourd’hui, où la technique scientifique surpasse les
antiques sources de savoir des primitifs. Toutefois, certaines trouvailles des
anciens méritent une investigation de nos savants. La fréquentation
respectueuse de ces «consciences collectives», sans intention d’en tirer un
profit matériel, permet toutefois d’expérimenter l’harmonie des différentes formes
vitales qu’offre notre environnement naturel. Libre à chacun d’en faire l’étude
superficielle, non dangereuse (sans stupéfiant ni cérémonie sauvage), lors
d’une pause dans un milieu bucolique: par la pensée.
Recourir
aux ressources ancestrales et pernicieuses du psychisme, avec des visées
malveillantes, intéressées, se paye toujours d’un choc en retour, tôt ou tard:
imparable. Ce contrechoc frappe autant le jeteur de sort que son client. Du
malheur ajouté aux malheurs pour ceux qui se risquent à puiser de la fange dans
le puits interdit.
Ni
le diable, ni personne d’autre, ne peut acheter l’âme d’un être humain. Pas
plus qu’on ne peut acheter la gravitation. Lucifer n’a pas besoin de s’emparer
des âmes pour les instruire. L’homme reste toujours libre d’acquérir ou non la
connaissance. Liberté «cautionnée» par la Conscience Initiale.
Monde sans mal
La
Conscience Initiale fit créer, par le «générateur universel», un monde où aucun
mal n’existait.
Pour
qu’aucun mal n’apparaisse dans ce monde «parfait», un mécanisme automatique
(ressemblant vaguement au système karmique) endiguait sur-le-champ chaque
velléité agressive des individus. A la façon d’un corset très serré qui empêche
de respirer.
Les
habitants du monde «parfait» étaient comme des rats de laboratoire qui, pour un
certain comportement, subissent une pénible décharge électrique.
Leur
vivacité étant systématiquement réprimée, ces individus «parfaits» ne se
risquaient jamais à entreprendre la moindre action inventive.
Les
habitants du monde «parfait» avaient tous un comportement d’aliéné sous
puissant tranquillisant.
Les
habitants du monde «parfait» étaient abouliques. Aucun ne faisait preuve
d’initiative. Aucun n’avait d’aptitude artistique: des chiffes molles. Pour la
Conscience Initiales: des créatures dépourvues d’intérêt.
Qualifier
d’«anges» ces créatures indolentes serait leur faire trop d’honneur. Elles
n’avaient aucune connaissance de la morale.
Dieu
créateur veut engendrer des êtres créateurs, pas des larves improductives.
Pas
une de ces chiffes molles ne se distinguait des autres. On pourrait les
comparer à d’uniformes gemmes vitreuses. A l’opposé, chaque être «libéré»
serait un diamant unique, aux innombrables teintes sublimes.
Dans
le monde du «bien» structurellement forcé, la conscience de ses habitants est
mutilée.
Dans
les espaces-temps uniquement ouverts aux êtres «libérés», le mal n’existe pas
car ils le décident ainsi.
Aucune
créature conçue par le «générateur universel» n’est naturellement bonne, pas
plus qu’un robot n’est «naturellement bon».
Emanant
de la Conscience Initiale, chaque conscience n’est pas naturellement bonne.
Echappant
à l’entendement limité des hommes, la Conscience Initiale n’est ni bonne ni
mauvaise. Son immense amour immanent n’admet qu’une finalité heureuse pour tous
les êtres créés par Elle.
Le
don de la conscience est un cadeau inestimable fait aux hommes.
Sauf
pour la Conscience Initiale, l’amour s’apprend.
Ces
créatures incapables «mécaniquement» de faire le mal n’étaient ni mâles ni
femelles, ou les deux à la fois.
Ces
créatures incapables «mécaniquement» de faire le mal ignoraient l’affection.
Pour
toutes ces créatures incapables «mécaniquement» de faire le mal, autrui ne
présentait aucun intérêt.
Parce
que chaque rencontre avec leurs semblables était peu plaisante, les créatures
incapables «mécaniquement» de faire le mal se fuyaient.
L’univers
«sans mal» s’avérant une impasse, la Conscience Initiale permit aux «chiffes
molles» d’exprimer librement leur nature profonde.
Toutes
les «chiffes molles» trouvèrent ce changement attrayant.
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