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APHORISMES C 1
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METAPHYSIQUE
Vérité
Les plus grandes vérités sont de l’ordre de l’indicible. Même si l’on voulait les exprimer directement, avec des mots de tous les jours, ce serait impossible. C’est pourquoi certains grands textes religieux, la bonne poésie.., disent «quelque chose» qui échappera toujours à l’analyse sémantique. Quelque chose que chacun comprend à sa manière, selon son évolution personnelle.
Ce qui change, au cours du temps, ce n’est pas la vérité, c’est sa formulation. Celle-ci, acceptable à une époque, devient archaïque après que les hommes aient évolué.
Chaque vérité indicible est, par la force des choses, «traduite» au moyen d’une présentation «imagée».
Présentation
Toutes les religions devront présenter, d’une façon renouvelée, certains points de doctrine d’apparence puérile, au moyen d’interprétations judicieuses. Ces fabulations émanaient d’autorités confessionnelles qui jugeaient les populations d’autrefois incapables de comprendre, sans narrations inouïes, les profondes vérités spirituelles. Les religions qui négligeraient ce dépoussiérage intellectuel verront leurs temples désertés par les prochaines générations bien instruites.
Adam
Exemple. Dans la Genèse, on trouve le mythe réunissant: Adam, Eve, un serpent et une pomme. Tout y est faux et tout y est vrai. Vrai à ceci près: Adam n’est pas le premier homme, Eve n’est pas une femme, le serpent n’est pas un serpent et la pomme n’est pas une pomme. Pourtant, aucune raison de changer le moindre mot biblique. Chaque homme doit commencer par expérimenter le mal («pomme»). Dans cette affaire, on ne peut rien reprocher à Dieu, Il savait que l’homme tomberait dans le piège du «serpent». Connaissance transmise aux premiers hommes. A la faveur des incarnations, l’homme doit s’orienter vers le bien. Le mal qu’il a commis personnellement au cours de ses incarnations prend la forme d’une «dette» qu’il faut «rembourser» en «peines».
Péché originel
Le nouveau-né, quand il vient au monde, «oublie ses» crimes passés, mais la dette n’est pas effacée. Nos religions appellent cela le «péché originel» (sans forcément comprendre sa véritable signification). Chacun a sa «dette». Personne ne «paye» pour quelqu’un d’autre. Le mal est la clé fournissant leur liberté aux hommes. L’homme ne doit plus faire le mal, c’est le jeu divin.
Abraham
Autre passage religieux à ne surtout pas croire tel quel. Dieu exige qu’Abraham tue son fils. Un être sensé Lui répondrait: «Plutôt crever! Vade retro satanas!» Et il aurait réagi sainement. Celui qui se soumettrait à une telle ignominie serait un monstre. Et Dieu aussi. Essayons maintenant de comprendre le sens profond du récit. Dans cette affaire, Dieu est censé demander le sacrifice d’une chose à laquelle l’homme tient le plus. S’adressant aux esprits frustes de l’époque, les mythographes imaginèrent une fable atroce: tuer son propre fils. Notons que n’est pas réclamée la mort d’une fille (trop «peu» de valeur, inférieure à quelques chamelles pleines). En réalité, Dieu demande à l’homme de sacrifier son ego. Ego égoïste, égotiste et violent. Dans ce cas, l’homme désirant progresser doit répondre: «j’accepte!». Moralité: à l’issue du sacrifice de son ego, l’homme ne perd pas sa personnalité. Au contraire, son esprit acquiert des ressources insoupçonnées. D’autres lectures peuvent être faites de cette parabole. Concernant des personnes avancées sur la voie initiatique, celles-ci sont capables d’effectuer seules le déchiffrement.
DIEU
Les faces de Dieu
Dieu est un mot simple qui recouvre nombre d’aspects différents. Alors quand Son nom est prononcé, de quoi s’agit-il, ou de Qui s’agit-il, et à quel niveau se situe-t-on?
Est-ce le «vide» de l’assertion bouddhique «Dieu, c’est le vide»?
Est-ce la volonté créatrice des ésotéristes?
Est-ce la lumière des occultistes?
Est-ce le grand Architecte de l’univers des maçons?
Est-ce le Dieu unique du monothéisme, anthropomorphisé, animé par des pulsions trop humaines?
Est-ce le soleil des monothéismes précurseurs?
Est-ce le côté lumineux de la Force de «Star wars»?
Est-ce la hiérarchie des forces divines que le monothéisme métaphorise sous les noms: anges, archanges, chérubins, séraphins et démons?
Est-ce la hiérarchie des forces divines que les mythologies de l’antiquité métaphorisaient à l’aide des dieux du ciel et de l’enfer?
Sont-ce les égrégores des alchimistes?
Est-ce une subdivision des forces divines qui s’expriment par divers esprits de la nature chez les animistes?
Sont-ce les archives akashiques dont parlent les Théosophes, empruntées à la philosophie indoue, qui seraient la mémoire intégrale de l’univers, comme conservée sur un «disque dur» prodigieux?
Est-ce le plan kabbalistique découvert au Moyen-Orient?
Est-ce le plan des chakras découvert par les Asiatiques?
Est-ce la révélation d’un prophète engendrant une pratique religieuse, lui-même déifié?
Est-ce l’expérience mystique qui semble participer du divin?
Est-ce l’inspiration d’un grand artiste dont l’œuvre donne une idée du divin?
Est-ce l’émotion esthétique, fusionnelle avec le grand tout, qui invite à communier avec le divin?
Est-ce le rêve exceptionnel qui laisse imaginer le divin?
Est-ce notre inconscient capable d’entrer en communication avec autre chose que le psychisme humain?
Est-ce la Nature divinisée par les athées?
Est-ce autre chose encore?
Portrait métaphorique de Dieu
Par Dieu, entendons ici la réponse aux grandes questions posées par l’homme depuis que ses interrogations portent sur des notions abstraites: «existence de Dieu, origine du monde, sens de sa vie, quelque chose après la mort…». Alors imaginons un photographe métaphorique souhaitant avoir des réponses à ces questions. Avec son appareil photo métaphorique, muni d’un flash métaphorique, il appuie sur le déclic métaphorique. Seulement, la lumière de son flash métaphorique, comme tout flash physique en ce bas monde, produit un éclairage «plat», sans relief, qui permet de reconnaître tout juste le sujet. Autre problème du flash: le premier plan est «cramé», surexposé. Quant au fond, éloigné du sujet, il est par contre très sombre, sous-exposé. On ne voit presque rien. Explication: cette source lumineuse unique, placée à côté de l’objectif, est la métaphore de quoi? Il s’agit de l’éclairage porté sur une religion hégémonique, à la vision étroite et limitée.
Alternative à cette investigation étriquée. D’abord, on emploiera une lumière réduite qui sera dirigée sur le premier plan. Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur la sorcellerie, le chamanisme, les hommes-médecine… Puis, pour le sujet, au centre, on aura recours à un éclairage assez puissant, venu d’en haut, quelque part entre latéral et facial, d’un côté ou de l’autre. Explication: il s’agit, pour le photographe, de l’éclairage porté sur sa propre religion. Ou bien sur le contexte civilisationnel qui a présidé à son éducation. Côté opposé, on installera une lumière venue aussi d’en haut, également située entre les positions latérales et faciales, mais moins intense, afin de créer du modelé, de la profondeur, sur le sujet. Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur tous les grands courants religieux. Face au sujet, on mettra une petite lampe flood, à hauteur d’homme, dont l’intensité mesurée permettra d’adoucir le contraste, juste assez pour déboucher certaines ombres. En particulier, ce triangle noir, disgracieux, sous le nez. Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur l’athéisme. Par-derrière, on fera plonger un puissant projecteur qui frise le sujet, créant un liseré surexposé. Notre sujet se détache désormais parfaitement du fond. Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur l’ésotérisme. Il existe également la possibilité de disposer différemment ce puissant projecteur, cette fois, orienté de bas en haut, et placé par-devant. A déconseiller aux âmes sensibles car il rend le sujet effrayant (technique des films d’horreur). Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur l’occultisme chtonien. Quant au fond, il est trop vaste. Une seule lampe, même très puissante, ne suffirait pas. Le photographe va donc disposer une multitude de projecteurs directifs, chacun orienté sur un détail intéressant. Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur la philosophie, la psychologie, la psychanalyse, la sociologie, l’ethnologie, le paranormal, l’anthropologie, les mythologies, les contes et légendes, la littérature, les langues, la sémantique, la philologie, la communication, l’art, l’archéologie, l’histoire, l’astronomie… L’observateur avisé constate donc que pour avoir la meilleure connaissance concernant cette question, plus on diversifie les éclairages, plus on a des chances de se faire une idée satisfaisante du sujet.
Le vide de Dieu
Certains remplacent Dieu par «Nature», en l’ornant parfois d’une majuscule. Or «Nature» est l’un des pseudonymes de Dieu.
Beaucoup affirment que les bouddhistes nient l’existence de Dieu. Il faut pourtant savoir qu’ils ne disent aucunement: Dieu n’existe pas. Mais: Dieu, c’est le vide. Un énoncé qui induit en erreur maints Occidentaux, lesquels raisonnent ainsi: «vide» égale «rien» donc «inexistence». Sans compter la confusion faite entre «vide» et «absence». Les Bouddhistes ne sont pas stupides. S’ils avaient voulu dire: Dieu n’existe pas, ils auraient dit: Dieu n’existe pas. Et non: Dieu, c’est le vide.
Dire que «Dieu, c’est le vide» semble une connaissance très avancée de Dieu, sous Sa «forme» ultime, dans les limites, vraisemblablement, que l’homme est en mesure d’explorer. Le «vide» dont les bouddhistes parlent n’est pas le vide que nous connaissons: le vide absolu ou intergalactique. Comme toujours en matière religieuse: les grandes vérités ne peuvent s’exprimer qu’au moyen d’images. A moins d’être dénué de clairvoyance et/ou borné, une image de cet ordre doit s’interpréter. Elle donne ainsi lieu à quantités d’interprétations. Et chaque interprétation peut receler une part de vérité. Il s’agit d’un «vide créateur». Un «vide magique». «Quelque chose» que ne peut concevoir «directement» un mental rationnel. Si les hindouistes préfèrent dire «plein» au lieu de «vide», cela revient au même.
Initial
Ce que les gens appellent Dieu est la Conscience Initiale. Laquelle a deux aspects. D’une part: un «Rien du tout» (qui est quand même quelque chose). D’autre part: un «quasi rien» (grâce auquel le «Rien du tout» peut tout).
Rien du tout
Dire le «Rien du tout» n’a de sens que si l’on se place au niveau matérialiste. Prenons n’importe quelle abstraction: la liberté, la justice, etc. Peut-on les couper en tranches concrètement mesurables: poids, taille, couleur, composition chimique, structure nucléaire, densité, masse, etc.? Pour ces idées, des humains peuvent néanmoins mourir. Elles comptent mais ne se réduisent pas à des dimensions quantifiables. Pensons aussi aux règles géométriques, à la suite des nombres premiers, etc. Rien de concret, tant qu’elles ne servent pas à résoudre des problèmes pratiques. Il en ressort que les idées pures, aux yeux d’un expérimentateur de labo, sur le plan du mesurage, égalent: rien du tout.
Parlant
En parlant de tout et de rien, le métaphysicien parle de Dieu.
En parlant de tout et de rien, Il se répète.
Estime
Celui qui «fréquente» les plus hautes entités mystiques et, se comparant à elles, conserve de l’estime pour lui, est un jean-foutre.
En arrivant «près» des plus hautes entités mystiques, l’homme ne retient que les imperfections de ses actions. Et rien d’autre. Comme l’artiste exigeant retient seulement les imperfections de son travail.
Grosse tête
Tout jean-foutre du domaine métaphysique a la grosse tête.
Dans le domaine métaphysique, avoir la grosse tête, c’est dire des c… C’est faire des c…
Mensonge
Tout individu qui se présente comme un envoyé de Dieu ment.
Expression
Dieu ne confie «Ses affaires» à aucun individu.
Dieu «exprime» des conseils moraux.
Œuvrer
Œuvrer pour Dieu ne signifie pas être supérieur aux autres.
Œuvrer pour Dieu sans se tromper n’est jamais assuré, par quiconque, à aucun moment.
On juge un fruit à sa qualité.
Pourriture
Le travestissement de Dieu en tueur est un «fruit» pourri.
Le travestissement d’Allah en tueur est un «fruit» pourri.
Intentions
S’agissant des plus hautes recherches métaphysiques, n’obtient rien de Dieu, le solliciteur qui a des intentions méprisables. Celui qui est motivé par la vanité, la cupidité, la soif du pouvoir.
N’obtient rien de Dieu, le solliciteur egocentrique.
Si l’homme avait un corps idéal, il pourrait se botter le c…
Transmission
A Dieu, on donne avant de recevoir.
A Lucifer, on donne avant de recevoir.
Quand Dieu s’exprime, on ferme sa g…
Quand Lucifer s’exprime, on ferme sa g…
Quand le diable s’exprime, on l’envoie ch…
Quand Dieu s’exprime, on essaie de comprendre, on essaie de ne pas altérer Ses recommandations.
Dieu n’ordonne jamais, Il conseille.
Quand Lucifer s’exprime, on essaie de comprendre, on essaie de ne pas altérer ses vérités.
On ne conseille pas Dieu.
On ne conseille pas Lucifer.
On ne suggère rien à Dieu.
On ne suggère rien à Lucifer.
Reproches
Adresse des reproches à Dieu, l’ignorant. Celui qui n’utilise pas sa cervelle.
Adresser des reproches à Dieu, c’est perdre son temps.
Boulot
Dieu n’a pas pour boulot de surveiller chaque malveillant.
Dieu n’aide pas les hommes à esquiver leur dette karmique (justice divine).
Dieu peut seulement faire reporter une dette karmique, pas la supprimer. Mais il faut que certaines conditions morales soient remplies.
Sacrifice
Dieu ne demande jamais, jamais, un sacrifice animal.
Dieu ne demande jamais, jamais, JAMAIS de tuer un être humain.
Le diable demande des sacrifices d’animaux. Il exige la mort d’êtres humains.
Dieu ne terrorise personne.
Action
Dieu n’agit à la place de personne. Il n’est le marionnettiste de personne.
Mutisme
Dieu ne discute avec personne. Il ne se laisse jamais contredire.
Celui qui proclame discuter avec Dieu est un religieux affabulateur d’une tribu sauvage.
Arrogance
Discuter la «parole» de Dieu, c’est se hisser à Son niveau. Arrogance d’insecte du chef religieux qui veut impressionner sa tribu sauvage.
Incertain
Aucune «parole» de Dieu n’est certaine car elle passe par l’intuition du chef religieux des tribus sauvages.
L’allégation issue d’une intuition religieuse n’est jamais sûre.
Impertinence
Proposer un «deal» à Dieu, c’est se hisser à Son niveau. Arrogance d’insecte du chef religieux qui veut circonvenir sa tribu sauvage.
Celui qui prétend marchander avec Dieu est un religieux affabulateur d’une tribu sauvage.
Fabuler
Les chefs religieux des tribus sauvages, abusés par leur mentalité primitive et superstitieuse, ont fabulé «la volonté de Dieu» adressée aux hommes: grosse couillonnade. A supposer que Dieu exerce Sa volonté sur l’humanité, qui pourrait y résister? Dieu n’est pas aboulique.
DENOMINATION
Dénomination
«Dieu» est une autre façon de nommer la Conscience Initiale.
Avec le mot «Dieu», on personnifie la Conscience Initiale.
Cette personnification est une «simplification» infidèle.
«Dieu» est une façon commode de nommer la Conscience Initiale. Efficacité vs justesse.
Cette personnification permet de se faire comprendre par les masses.
Le «Dieu» personnifié, pour les masses, est plus concevable qu’une abstraction ineffable.
Beaucoup ont besoin de personnifier «le Dieu unique» car ils sont dominés par les sentiments, les émotions.
Le terme «Dieu» permet d’attribuer des sentiments et des émotions humains à la Conscience Initiale, qui en est dépourvue.
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