Conscience Initiale
Les faces de
Dieu
Dieu est un mot simple qui recouvre nombre d’aspects
différents. Alors quand Son nom est prononcé, de quoi s’agit-il, ou de Qui
s’agit-il, et à quel niveau se situe-t-on?
Est-ce le «vide» de l’assertion bouddhique «Dieu,
c’est le vide»?
Est-ce la volonté créatrice des ésotéristes?
Est-ce la lumière des occultistes?
Est-ce le grand Architecte de l’univers des maçons?
Est-ce le Dieu unique du monothéisme,
anthropomorphisé, animé par des pulsions trop humaines?
Est-ce le soleil des monothéismes précurseurs?
Est-ce le côté lumineux de la Force de «Star wars»?
Est-ce la hiérarchie des forces divines que le
monothéisme métaphorise sous les noms: anges, archanges, chérubins, séraphins
et démons?
Est-ce la hiérarchie des forces divines que les
mythologies de l’antiquité métaphorisaient à l’aide des dieux du ciel et de
l’enfer?
Sont-ce les égrégores des alchimistes?
Est-ce une subdivision des forces divines qui
s’expriment par divers esprits de la nature chez les animistes?
Sont-ce les archives akashiques dont parlent les
Théosophes, empruntées à la philosophie indoue, qui seraient la mémoire
intégrale de l’univers, comme conservée sur un «disque dur» prodigieux?
Est-ce le plan kabbalistique découvert au
Moyen-Orient?
Est-ce le plan des chakras découvert par les
Asiatiques?
Est-ce la révélation d’un prophète engendrant une
pratique religieuse, lui-même déifié?
Est-ce l’expérience mystique qui semble participer
du divin?
Est-ce l’inspiration d’un grand artiste dont l’œuvre
donne une idée du divin?
Est-ce l’émotion esthétique, fusionnelle avec le
grand tout, qui invite à communier avec le divin?
Est-ce le rêve exceptionnel qui laisse imaginer le
divin?
Est-ce notre inconscient capable d’entrer en
communication avec autre chose que le psychisme humain?
Est-ce la Nature divinisée par les athées?
Est-ce autre chose encore?
Portrait
métaphorique de Dieu
Par Dieu, entendons ici la réponse aux grandes
questions posées par l’homme depuis que ses interrogations portent sur des
notions abstraites: «existence de Dieu, origine du monde, sens de sa vie,
quelque chose après la mort…». Alors imaginons un photographe métaphorique
souhaitant avoir des réponses à ces questions. Avec son appareil photo métaphorique,
muni d’un flash métaphorique, il appuie sur le déclic métaphorique. Seulement,
la lumière de son flash métaphorique, comme tout flash physique en ce bas
monde, produit un éclairage «plat», sans relief, qui permet de reconnaître tout
juste le sujet. Autre problème du flash: le premier plan est «cramé»,
surexposé. Quant au fond, éloigné du sujet, il est par contre très sombre,
sous-exposé. On ne voit presque rien. Explication: cette source lumineuse
unique, placée à côté de l’objectif, est la métaphore de quoi? Il s’agit de
l’éclairage porté sur une religion hégémonique, à la vision étroite et limitée.
Alternative à cette investigation étriquée. D’abord,
on emploiera une lumière réduite qui sera dirigée sur le premier plan.
Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur la sorcellerie, le chamanisme,
les hommes-médecine… Puis, pour le sujet, au centre, on aura recours à un
éclairage assez puissant, venu d’en haut, quelque part entre latéral et facial,
d’un côté ou de l’autre. Explication: il s’agit, pour le photographe, de
l’éclairage porté sur sa propre religion. Ou bien sur le contexte
civilisationnel qui a présidé à son éducation. Côté opposé, on installera une
lumière venue aussi d’en haut, également située entre les positions latérales
et faciales, mais moins intense, afin de créer du modelé, de la profondeur, sur
le sujet. Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur tous les grands
courants religieux. Face au sujet, on mettra une petite lampe flood, à hauteur
d’homme, dont l’intensité mesurée permettra d’adoucir le contraste, juste assez
pour déboucher certaines ombres. En particulier, ce triangle noir, disgracieux,
sous le nez. Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur l’athéisme.
Par-derrière, on fera plonger un puissant projecteur qui frise le sujet, créant
un liseré surexposé. Notre sujet se détache désormais parfaitement du fond. Explication:
il s’agit de l’éclairage porté sur l’ésotérisme. Il existe également la possibilité
de disposer différemment ce puissant projecteur, cette fois, orienté de bas en
haut, et placé par-devant. A déconseiller aux âmes sensibles car il rend le sujet
effrayant (technique des films d’horreur). Explication: il s’agit de
l’éclairage porté sur l’occultisme chtonien. Quant au fond, il est trop vaste.
Une seule lampe, même très puissante, ne suffirait pas. Le photographe va donc
disposer une multitude de projecteurs directifs, chacun orienté sur un détail
intéressant. Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur la philosophie, la
psychologie, la psychanalyse, la sociologie, l’ethnologie, le paranormal,
l’anthropologie, les mythologies, les contes et légendes, la littérature, les
langues, la sémantique, la philologie, la communication, l’art, l’archéologie,
l’histoire, l’astronomie… L’observateur avisé constate donc que pour avoir la
meilleure connaissance concernant cette question, plus on diversifie les
éclairages, plus on a des chances de se faire une idée satisfaisante du sujet.
Le vide de
Dieu
Certains remplacent Dieu par «Nature», en l’ornant
parfois d’une majuscule. Or «Nature» est l’un des pseudonymes de Dieu.
Beaucoup affirment que les bouddhistes nient
l’existence de Dieu. Il faut pourtant savoir qu’ils ne disent aucunement: Dieu
n’existe pas. Mais: Dieu, c’est le vide. Un énoncé qui induit en erreur maints
Occidentaux, lesquels raisonnent ainsi: «vide» égale «rien» donc «inexistence».
Sans compter la confusion faite entre «vide» et «absence». Les Bouddhistes ne
sont pas stupides. S’ils avaient voulu dire: Dieu n’existe pas, ils auraient
dit: Dieu n’existe pas. Et non: Dieu, c’est le vide.
Dire que «Dieu, c’est le vide» semble une
connaissance très avancée de Dieu, sous Sa «forme» ultime, dans les limites,
vraisemblablement, que l’homme est en mesure d’explorer. Le «vide» dont les
bouddhistes parlent n’est pas le vide que nous connaissons: le vide absolu ou
intergalactique. Comme toujours en matière religieuse: les grandes vérités ne
peuvent s’exprimer qu’au moyen d’images. A moins d’être dénué de clairvoyance
et/ou borné, une image de cet ordre doit s’interpréter. Elle donne ainsi lieu à
quantités d’interprétations. Et chaque interprétation peut receler une part de
vérité. Il s’agit d’un «vide créateur». Un «vide magique». «Quelque chose» que
ne peut concevoir «directement» un mental rationnel. Si les hindouistes
préfèrent dire «plein» au lieu de «vide», cela revient au même.
Dieu
Ce
que les gens appellent Dieu est la Conscience Initiale. Laquelle a deux
aspects. D’une part: un «Rien du tout» (qui est quand même quelque chose).
D’autre part: un «quasi rien» (grâce auquel le «Rien du tout» peut tout).
Dire
le «Rien du tout» n’a de sens que si l’on se place au niveau matérialiste.
Prenons n’importe quelle abstraction: la liberté, la justice, etc. Peut-on les
couper en tranches concrètement mesurables: poids, taille, couleur, composition
chimique, structure nucléaire, densité, masse, etc.? Pour ces idées, des
humains peuvent néanmoins mourir. Elles comptent mais ne se réduisent pas à des
dimensions quantifiables. Pensons aussi aux règles géométriques, à la suite des
nombres premiers, etc. Rien de concret, tant qu’elles ne servent pas à résoudre
des problèmes pratiques. Il en ressort que les idées pures, aux yeux d’un
expérimentateur de labo, sur le plan du mesurage, égalent: rien du tout.
Conscience
Autre
abstraction, et non des moindres: la conscience. A distinguer des impulsions
cérébrales, dont les traces sont enregistrables par certains appareils. Comme
la liberté, la justice, les règles géométriques, la suite des nombres premiers,
etc., la conscience ne peut être coupée en tranches concrètement mesurables.
Elle n’a rien de matériel. Cette conscience existe chez les animaux, y compris
les insectes. Conscience sans laquelle nul ne peut vivre. Grâce à elle, tout
individu sait qu’il existe. Tout individu sait qu’il doit prolonger sa vie en
renouvelant des actes indispensables (manger, boire, excréter, se protéger des
conditions météorologiques extrêmes, dormir dans un lieu sûr…). Tout individu
sait que s’il affronte un rival ou un prédateur, il doit prendre garde à ne pas
perdre la vie. Tout individu sait qu’il doit perpétuer son espèce…
Les
préoccupations précédentes ne concernent pas la Conscience Initiale. Pareille
aux concepts de liberté, de justice, de règles géométriques, de suite des
nombres premiers, etc., n’étant jamais née, Elle ne peut mourir.
Reste
que la Conscience Initiale sait qu’Elle vit, et pas seulement cela. D’aucuns
affirment: Dieu est une abstraction. Ils n’ont pas tort, jusqu’à un certain
point cependant. Tout étant affaire d’interprétation. En fait, c’est Sa nature
ultime qui relève de l’abstraction.
Certains
religieux affirment que Dieu peut tout. C’est faux. Dieu ne peut pas ne pas
être Dieu. La conscience, consciente d’elle-même, ne peut cesser d’être
consciente d’elle-même. Eternellement.
Dès
la conscience de l’homme formée, celle-ci ne peut cesser d’exister. La
Conscience Initiale a introduit dans la conscience humaine une partie de son «patrimoine
génétique»: l’éternité.
Ce
n’est pas parce qu’une conscience, lors de la mort, devient indécelable aux
appareils scientifiques qu’elle disparaît. Ne pas confondre absence et néant.
Les
hommes s’interrogeront bientôt à propos des robots très perfectionnés,
autonomes. A juste titre. Evidemment, pas plus qu’avec l’insecte, vous ne
discuterez des spéculations de Kant avec l’être artificiel. Encore qu’avec un
robot savant… Les hommes, autrefois, se sont posés des questions similaires à
propos des femmes, des sauvages, se demandant s’ils avaient une âme.
Aujourd’hui, pour beaucoup, cette question s’applique à leur toutou ou à leur
minet.
Au
fil des âges, les points de vue changent. La conscience qui s’attache
automatiquement à tout organisme autonome composé d’ADN pourrait-elle en faire
autant avec un être artificiel, et interférer avec sa programmation
informatique? Cela signifierait que cette conscience spontanée est capable
d’exercer son action sur du silicium. Question pour demain…
A
partir de quel niveau comportemental d’un être peut-on déterminer le caractère
humain de sa conscience? Entre le pervers criminel, bouffi de cruauté, et le
robot du futur, attentif à la sécurité des hommes, lequel obtiendrait son
brevet d’humanité?
La
conscience assure aussi, au travers de leur chimie spécifique, l’existence des
plantes. Conscience, sans doute, encore plus élémentaire que celle des
insectes. Bien qu’elle soit parfois subtile, à la mesure de l’ingéniosité
adaptative de certains végétaux, tout à fait étonnante.
La
conscience se forme spontanément dès qu’un ensemble complexe est en mesure de
fonctionner par lui-même. Autrement dit: dès qu’une possible autonomie le rend
viable. Processus automatique, comparable à la formation d’une planète
s’agrégeant à partir d’une myriade d’astéroïdes éparpillés dans l’espace, sous
l’effet de la gravitation.
S’agissant
de la Conscience Initiale, n’étant jamais née, parler de Sa formation n’aurait
aucun sens.
Principes
universels: la conscience engendre la conscience.
Rien
de vivant n’existe sans conscience.
Voyons
maintenant le «quasi rien». Second attribut de la Conscience Initiale. D’après
les scientifiques, l’univers est constitué d’atomes et de vide. Les atomes sont
constitués d’énergie. Le vide aussi. Bref, n’existe rien d’autre que de l’énergie,
sous des formes diverses. Ainsi la «matière» est une «illusion» qui trompe
l’homme sa vie durant. Mais une illusion parfaite. Partout où nos sens
perçoivent le «dur», il n’y a, essentiellement, que du «vide».
La
principale caractéristique de l’énergie est sa capacité à produire des effets.
Une capacité qu’on peut donc nommer: cause.
En
approfondissant l’analyse de l’atome, les scientifiques tombent sur de
nouvelles parcelles d’énergie. Les mini-briques de la création. Impossibles à
voir. Impossibles à tenir. Difficiles à imaginer. Si peu de chose. Quasiment
rien. Où l’on voit que la création sait être économe. Avec quelques éléments
«immatériels», elle produit tout. L’univers entier. A l’instar des lettres de
l’alphabet avec lesquelles on peut écrire une infinité d’ouvrages différents.
D’après
la littérature religieuse, Dieu aurait fait l’homme à Son image. C’est vrai. A
ceci près qu’il ne faut pas prendre cette image au sens littéral. Les
meilleures pensées religieuses sont de cette étoffe: leur sens premier est
secondaire. On doit toujours les interpréter. Alors, où se trouve cette
ressemblance? D’une part, comme la Conscience Initiale, l’homme possède une
conscience équivalente au «Rien du tout» (selon le point de vue matérialiste).
Ni poids, ni taille, ni couleur, ni composition chimique, ni structure
nucléaire, ni densité, ni masse… D’autre part, sur le plan concret, l’homme est
fait d’un amas d’énergie. Et il évolue au milieu d’une profusion d’énergie: son
environnement, sa planète, son système solaire, sa galaxie, l’univers entier.
Quoi
qu’il cherche, en lui et à l’extérieur de lui, l’homme ne trouvera, au bout du
compte, que de l’énergie. C’est-à-dire: quasiment rien.
Observons
que l’énergie ne constitue pas la Conscience Initiale. Elle est seulement un
complément. Sa seconde face. Le moyen de transformer un savoir en pouvoir. Une
faculté «magique» Lui permettant de créer à volonté. Avec elle, tout devient
possible.
D’une
certaine façon, la conscience de l’être terrestre pourrait se comparer à la
programmation d’un logiciel, restant toujours invisible à son utilisateur. Une
constitution fondamentale qui réunit les règles primordiales permettant de
préserver l’organisme. Lois de la nature primitive assurant l’autonomie: savoir
qu’on vit, savoir qu’on doit prolonger sa vie en effectuant des actes
indispensables (manger, boire, excréter, se protéger des conditions
météorologiques extrêmes, dormir dans un lieu sûr…), savoir s’il faut fuir ou
affronter l’attaquant, savoir ne pas perdre sa vie au cours du combat, savoir
qu’il faut perpétuer son espèce… Lois impérieuses quand il s’agit de garantir
la biologie de chaque individu, à commencer par les organismes rudimentaires.
S’agissant des êtres plus avancés sur l’échelle de l’évolution, observer les règles
«morales», dont ils sont pourvus, reste facultatif. Liberté fondamentale
octroyée à l’homme.
La
conscience de l’insecte étant rudimentaire, elle ne risque guère de varier
durant son existence. Chez les animaux évolués, elle changera éventuellement, sur
des points limités.
Avec
l’homme, la progression de la conscience peut être grande, en fonction de ses
efforts. L’animalité s’imprègne peu à peu de moralité. Au fil du temps,
apparaissent des notions telles que le bien et le mal. La conduite réformée de
l’homme modifie sa conscience et en retour celle-ci, amendée, modifie sa
conduite.
On
pourrait dire que l’homme, par introspection, «reprogramme» sa conscience. Ses
motivations instinctives subissent l’influence de l’altruisme, de la bonté… Une
harmonisation psychique et comportementale qui défie la cruauté foncière des
communautés primaires.
Dieu
peut tout, sauf une chose: ne pas être Dieu. Sa conscience n’étant jamais née,
il Lui est impossible de disparaître. Idem pour l’énergie.
La
conscience de l’être terrestre, similaire à celle de la Conscience Initiale, ne
peut cesser d’exister. Cette conscience, par contre, est capable de se
modifier, de se perfectionner. Elle peut même se développer par l’assemblage
d’une multitude de consciences élémentaires (passage d’insectes aux gros
animaux). Tout comme un cadavre animal de grande taille, absorbé par nombre de
bestioles, permettra d’animer d’autres animaux volumineux.
Quand
l’homme meurt, son cadavre se dissocie, mais l’énergie qui le constitue ne
disparaît pas. Sa conscience ne disparaît pas non plus. Après le dernier
soupir, l’essence du psychisme individuel de chaque être perdure «quelque
part». Reprenons l’analogie informatique. La conscience (programmation
logicielle) serait alors comme le contenu du disque dur d’un ordinateur hors
d’usage. Contenu conservé dans le «cloud», transférable dans une machine neuve…
Au
moment où la conscience du défunt donne la vie cérébrale à un nouvel organisme,
cette conscience est en partie «effacée». Plus exactement, l’intellect ne
dispose plus de toutes les informations caractérisant son moi passé. Pour
autant, l’individu reste-t-il le même? A la fois, oui et non. Situation
semblable à celle de l’amnésique. Après avoir perdu la mémoire, il n’est pas
devenu quelqu’un d’autre. Il garde sa sensation d’exister. Subsistent ses
goûts, son langage, des aptitudes consécutives à de longs apprentissages, des
règles de vie... Son caractère profond demeure. Débarrassée de l’accablant
fardeau d’un ego dépassé qui entraverait son développement, la conscience
«réinitialisée» est en mesure d’améliorer la progression de l’entité humaine.
La
conscience siège dans l’inconscient. Elle communique avec l’intellect en
empruntant des moyens détournés: rêve, actes manqués, réactions instinctives,
intuition… Elle agit aussi sur les émotions, les sentiments.
Quand
l’intellect est «buggé» par des errements chroniques, la conscience détermine
une conduite «apparemment» préjudiciable au sujet. Les défauts de l’ego:
cupidité, impatience, hubris, colère, brutalité, cruauté.., privés de frein, se
transforment en instrument expiatoire. L’individu «hors de lui», ne se
«dominant» plus, néglige toute retenue, commet l’irréparable. Il devra ensuite
en supporter longtemps les conséquences, permettant la suppression du «bug».
Les
pensées de l’être terrestre dépendent de la conscience. Si l’on garde
l’analogie informatique, cela pourrait se comparer à des phrases produites dans
l’ordinateur grâce au traitement de texte. Il va sans dire que, contrairement
aux traitements de texte du commerce, chaque conscience est unique.
L’application ne conçoit pas le texte. Sans être créées par la conscience, les
pensées, qu’engendre l’intellect par l’entremise du cerveau, peuvent subir,
plus ou moins, son influence.
Dès
sa conception, la conscience assure l’existence de l’être terrestre qui lui
échoit en le conduisant à tuer d’autres êtres, par nécessité. Période durant
laquelle les «scrupules» ne servent à rien. Tenir pour coupables les tueurs
serait inapproprié.
Au
fil du temps, le psychisme des individus évolue. Leur sensibilité augmente peu
à peu. La conscience instille des rudiments moraux qui transforment les
groupes. La notion de «mal» apparaît. Afin d’obtenir ce qu’il convoite,
l’individu sans principes se comporte comme un tricheur et/ou une brute. Les
mêmes mobiles s’observent partout dans le monde: nourriture, terres, troupeaux,
femmes, esclaves, armes, propriétés, position sociale, richesses, pouvoir…
Renforcés par les mêmes dysfonctionnements psychiques: volonté de nuire, désir
de vengeance, orgueil démesuré confinant à l’hubris, démence, perversité…
Le
summum du mal est la cruauté. Elle devient le rêve «insurpassable du démon» quand on la met au service d’un
«idéal»: faire le mal au nom du bien, y a pas plus jouissif. Doctrinaires
mabouls et religieux obscurantistes s’en font une spécialité.
Le
bien consiste à évacuer de l’intellect humain tous les aspects archaïques
appartenant à son animalité primitive. Egoïsme pathologique intolérable dans
une société civilisée. L’individu amendé dédaigne les tentations énoncées
précédemment. Il s’oppose au mal sous toutes ses formes. L’amélioration de
l’homme appelle celle de la société. La première facilite la seconde tandis que
la seconde accélère la première. Pour cela, il faut prioritairement instaurer
un cadre économique permettant de supprimer la misère. Il faut ensuite
instaurer des règles sociétales qui offrent à tous les individus des chances
permanentes d’améliorer leur situation. Exemple: SYAPA.
Le
bonheur personnel est une chimère s’il procède du malheur des plus faibles que
soi.
Comment
comprendre qu’une chose puisse exister sans avoir ni début ni fin? Pour
l’homme, c’est inconcevable car son expérience quotidienne du temps contredit
une telle idée. Il se trouve dans la situation d’un lointain ancêtre auquel on
affirmerait que deux individus peuvent se faire face, l’un ayant la tête en
bas, sans que l’acrobate ne s’accroche à un support. Pourtant, rien de plus
banal dans un vaisseau spatial.
Absence
de début et de fin se traduisent par: éternel présent. Si la volonté créative
instaure un temps, celui-ci ira dans tous les sens, s’arrêtera, au gré de sa
fantaisie. Chaque spectateur en fait l’expérience avec le temps intrinsèque
d’un enregistrement audio-vidéo modifié par la télécommande.
Derrière
la barrière de l’inconscient, notre conscience peut entrer en relation avec
d’autres consciences. Elle peut «consulter» des «stocks de mémoire», des
sources cognitives du monde invisible. L’analogie informatique serait un smartphone
se connectant à divers sites de l’Internet. Une telle faculté, certes, ne
repose sur aucune preuve tangible, mais l’intuition n’en comporte pas
davantage, qui joue pourtant un rôle notoire au sein de l’humanité. Cette
faculté fonctionne, le plus souvent, à l’insu de l’intellect.
La
Conscience Initiale diffère de la conscience humaine par son essence. La
conscience de l’homme réfléchit la conscience divine. De même que la lumière
lunaire renvoie le rayonnement solaire. Emetteur et récepteur ne sont pas du
même ordre. Compatibles mais pas équivalents. Comparables mais pas identiques.
Exemple
concret pour comprendre ce phénomène. Bien que le corps humains soit composé de
poussières d’étoiles, l’homme n’est pas un soleil.
La
conscience de l’homme est souvent le jouet d’émotions et de sentiments rebelles
que génère l’ego indompté. Le chaos mental règne alors. Apaiser les instincts
primitifs prend beaucoup de temps. Cela se fait petit à petit. La Conscience
Initiale repose sur une sérénité absolue accompagnée d’une joie extrême, de
façon permanente. La Conscience Initiale et l’homme, cela fait deux.
Certains
esprits qui parviennent, lors de recueillements profonds, à un grand calme
mental et à une immense allégresse, voudraient «se fondre en Dieu» après leur
mort, afin de prolonger indéfiniment cet état. La chose est pourtant
impossible. Le reflet lunaire ne peut se transformer en rayonnement solaire.
Métaphorisons cette impossibilité au moyen d’un exemple trivial: «le dentifrice
pressé ne peut rentrer dans son tube».
Même
problème présenté autrement. Imaginons. Dans le futur, un ingénieur génial,
toujours heureux, fabrique des robots ultra-perfectionnés, aux facultés
affectives proches des nôtres, qui sont capables de ressentir, par moments, un
grand calme mental et à une profonde allégresse. Certains, parmi ces
humanoïdes, voudraient sans doute, eux aussi, que fusionne leur intelligence
artificielle avec l’esprit du technicien, après leur «mort». Requête tout
autant inenvisageable.
A
supposer la chose possible, l’Un qui engloberait une autre conscience, ou
plusieurs autres, ne serait plus un.
Dans
un avenir plus ou moins lointain, l’intelligence artificielle égalera, puis
surpassera celle des hommes, au point de détrôner progressivement nos plus
brillants esprits. Une telle I.A. sera en mesure de prendre conscience
d’elle-même. Elle engendrera même de nouvelles I.A. afin d’augmenter son
efficience. En pareil cas, s’ils veulent échapper à d’irrémédiables
catastrophes, les hommes ne devront jamais accorder à ces I.A., la
toute-puissance, le commandement global des choses matérielles, le pouvoir
souverain sur les humains… Pourquoi? Dès son origine, ayant été conçu par des
hommes imparfaits, l’I.A. sera et restera imparfaite. Pour son développement
intellectuel, elle se sera nourrie d’informations, de connaissances, de
cultures.., imparfaites. Une conscience ayant les pleins pouvoirs produit
toujours la tyrannie. Voire pire, s’agissant d’un psychisme fabriqué, «mutant»,
dénué de sensibilité biologique. L’intelligence, artificielle ou non, n’a pas
forcément de morale. L’imperfection de l’homme peut être grande. Celle d’une
I.A. prodigieuse sera forcément gigantesque.
Les
hommes devront anticiper les sophismes, déjouer les pièges conceptuels et les
entourloupes d’une intelligence artificielle démesurée, aux origines
problématiques. L’informatique est indissociable des bogues. Il faudra par
conséquent multiplier les «interrupteurs» inaccessibles aux «êtres» non
humains, aux machines, en plaçant ces sécurités dans des lieux réservés aux
seuls êtres biologiques autorisés. L’I.A. aux possibilités phénoménales pourra
cependant fournir une expertise, mais jamais diriger directement les organismes
sociaux, politiques et autres secteurs cruciaux. Si les hommes se comportaient
comme des c… en faisant confiance aveuglément à l’I.A. prodigieuse, en
acceptant que s’exerce sur eux sa domination, ils subiront le sort calamiteux
assigné aux c…
Une
intelligence artificielle qui engloberait tout le savoir des humains, ayant
conscience d’exister, pour nombre d’hommes, serait comme Dieu. Mais attention!
Etant imparfaite, une telle I.A. adopterait vite les comportements des dieux
antiques, souvent imbéciles, agissant de façon égoïste, inhumaine. Fabriquer un
dieu matériel et lui donner le pouvoir ne peut qu’entraîner des catastrophes.
Dieu n’est pas reproductible.
Temps
Il
n’existe pas un temps commun à tous, partout. Le temps dans un gratte-ciel
diffère en haut et en bas. Chaque satellite a son temps propre, raison pour
laquelle il faut continuellement les synchroniser. L’image du miroir montre
toujours le passé puisque la lumière doit parcourir l’espace entre le sujet et
l’œil. Distance non nulle. Ces différences de temps sont infinitésimales, mais
pas toujours. Une seconde pour voir la lune. Huit minutes pour voir le soleil.
Sans parler de l’aberration temporelle d’une nuit étoilée, sachant que certains
astres, pourtant visibles aujourd’hui, n’existent plus depuis longtemps et
d’autres, à présent lumineux, apparaîtront au cours d’un avenir lointain.
Toute
durée vécue par les humains est formée d’une succession de temps «figés»,
«incomplets», minuscules. Ce phénomène ressemble aux images photographiques
d’une pellicule cinématographique. «Faux temps» devenant effectif seulement si
un laps de temps nouveau remplace le précédant. Puisé dans un futur aléatoire,
chaque présent devient aussitôt passé, impossible à changer. Temps trompeur, à
l’image d’une matière dure essentiellement faite du vide des atomes.
L’ensemble
des temps fractionnés donne une «compression temporelle» spécifique à
l’intérieure desquels rien ne dépasse la vitesse du photon.
Le
temps segmenté des humains provient du temps véritable et divin, non morcelé.
Chez
la Conscience Initiale, le temps est «unique». Supposons qu’Elle observe Sa
«nuit étoilée». Auquel cas, tous les astres sont synchrones grâce à
l’«immédiateté des phénomènes lumineux». Sa «vitesse de la lumière» n’a aucune
limite. Immédiats aussi sont Ses déplacements, telle la pensée. Durant ce
«temps unique», pas une chose ne préexiste à une autre. Si une chose apparaît:
elle a toujours existé. Si une chose disparaît: elle n’a jamais existé. Alors,
rien en «mémoire»? Rien! La Conscience Initiale n’a aucune raison de conserver
le souvenir d’une chose sans intérêt pour Elle. Il n’y a pas d’avant et il n’y
a pas d’après. C’est maintenant, toujours maintenant. Ses actions
«consécutives» se déroulent sans se «suivre».
Seule
la Conscience Initiale connait le temps «suprême», où tout est instantané, avec
une vitesse de la lumière illimitée.
Même
la Conscience Initiale ne connaît pas l’avenir des hommes. Pour comprendre
cette question, prenons l’exemple d’un romancier. Cet auteur établit le plan de
son histoire. Il envisage, en gros, une succession de péripéties, avec différents
personnages. Supposons qu’en cours d’écriture, par magie, il puisse lire les
chapitres pas encore rédigés. Si l’écrivain se contentait alors de placer la
«vaticination» dans son manuscrit, il commettrait une grossière erreur. Car ce
futur prédit serait conforme, d’une façon logique, au temps «t» de l’écriture
inachevée. Sans tenir compte des corrections ultérieures qui surviennent
toujours durant l’élaboration créative. Ici, un personnage, prévu pour rester
jusqu’au bout, disparaît le paragraphe suivant. Là, un autre, inattendu, change
le cours du récit… La Conscience Initiale n’examine pas l’excipit avant d’avoir
lu toutes les pages du roman. Présager le futur, c’est arrêter une réalité qui
n’aura pas forcément lieu. Dieu sait cela, sans être le seul.
Dans
l’au-delà, les êtres très évolués connaissent un temps plus «rapide» que le
nôtre, où cependant la vitesse de la lumière reste limitée, bien que «presque
instantanée» sur des distances démesurées. A titre d’exemple: traverser une
galaxie d’un bord à l’autre nécessitera une courte durée. Le temps «suprême»
est propre à la Conscience Initiale.
Rien
ni personne ne peut troubler l’«espace» de la Conscience Initiale. Les contacts
spirituels, épisodiques, avec Elle n’impliquent aucune «immixtion tangible»,
laquelle serait impossible à cause de la puissance dissemblable des êtres
créés.
Une
«frontière» séparant l’espace-temps divin et celui lié à notre univers peut se
trouver «dans» l’intrication quantique.
Le
passage de l’«espace-temps divin» au nôtre se fit très tôt. Il se produisit au
tout début du Big Bang, après l’«inflation cosmique» durant laquelle, en une
fraction de seconde, notre univers acquis une dimension infinie. Cette
expansion spatiale dépassa, d’une façon démesurée, la vitesse de la lumière.
Quelle
est la grandeur minimum d’où surgit le Big Bang? Aucune. De même que le «temps
divin» n’a ni avant ni après, l’«espace divin» n’a ni haut ni bas, ni Est ni
Ouest.., ni grandeur ni petitesse définies.
Au
sein de l’«espace-temps divin», chaque «point» recèle une potentialité
d’infinis créatifs.
Depuis
notre univers, il est impossible d’accéder physiquement à l’«espace-temps
divin».
Rien
n’interdit aux hommes d’imaginer le fonctionnement de l’«espace-temps divin»,
lequel repose sur une «logique» ne s’identifiant pas à la nôtre.
Les
expériences physiques se rapportant aux hautes énergies ne peuvent s’échapper
de notre espace-temps. La séparation concrète de l’univers des hommes avec
l’«espace-temps divin» est hermétique.
Ordre
L’«espace-temps
divin» possède d’innombrables potentialités fabuleuses. Ces potentialités
«magiques» ne prennent corps qu’avec l’ordre de la Conscience Initiale.
La
Conscience Initiale étant douée de volonté, il en émane un ordre ou un souhait
qui fait démarrer le processus créateur. Ordre ou souhait reçu par le
«générateur pouvant tout créer» (générateur universel).
Générateur universel
Le
«générateur universel» utilise un moyen unique: l’énergie. Le chaos originel,
apparent, peut s’organiser selon un plan aux innombrables possibilités. Rien
n’est défini à l’avance. Chaque créature a son libre arbitre.
L’énergie
«originelle» serait comme une «pâte à modeler magique». Le Petit Prince dit:
«dessine-moi un mouton» et la «pâte à modeler des origines» dessine le mouton,
avec l’astéroïde, le renard, la rose, etc. Le Petit Prince n’impose pas ses
lois. Le Petit Prince ordonne.
L’énergie
se conforme aux lois du «monde des idées».
Quelle
que soit la demande de Dieu, l’énergie des origines solutionne le problème.
L’énergie
n’est pas la Conscience Initiale.
Dieu
est une conscience. L’énergie, complémentaire, Lui permet de substantifier Ses
idées.
Dieu
ne s’est pas créé Lui-même. Comme Dieu, le «générateur universel», ayant
toujours existé, existera toujours.
La
Conscience Initiale, consciente d’Elle-même, ne peut cesser d’être consciente
d’Elle-même. Eternellement.
«A
l’origine», n’existe que le «monde des idées» où siège la Conscience Initiale
et le «générateur universel», ayant pour moyen l’énergie. Rien d’autre.
Les
abstractions comme la liberté, la justice, les règles géométriques, la suite
des nombres premiers, etc., forment le «monde des idées». Dieu ne l’a pas créé.
Il est un attribut de la Conscience Initiale. Le «générateur universel» est
aussi un attribut de la Conscience Initiale.
La
Conscience Initiale, seule, ne peut rien faire. Le «générateur universel», sans
ordre, sans idée directrice, ne crée rien. Sans «baguette magique»,
l’enchanteur ne fait rien.
Voici
une analogie imparfaite. La Conscience Initiale serait une sorte de «cloud»,
comprenant des informations en quantité infinie. «Cloud» entendu dans son sens
immatériel. Ce «cloud fabuleux» aurait «conscience de son existence». Donc, il
serait capable de réfléchir par lui-même et serait capable de prendre des
décisions. Isolé, un tel «cloud conscient» ne pourrait strictement rien faire.
Pour agir, la «Conscience Initiale» a besoin d’un «hardware», c’est-à-dire: le
«générateur universel». Sur terre, un hardware ne produit rien sans programme
informatique. C’est de la quincaillerie. D’une façon identique, le «générateur
universel» ne crée rien sans les ordres de la Conscience Initiale. Il est aussi
de la «quincaillerie». Baguette magique sans enchanteur. Bout de bois inerte.
Jamais un maître, un outil.
Alors
que l’on parle de future conscience chez les robots, pourquoi s’interdire
l’idée d’un «cloud» doué d’une conscience?
Chaque
univers est produit par le «générateur universel». Sa capacité de créer
concrètement repose sur l’«énergie». Rien d’autre. Sans ordre ou souhait, cette
«baguette magique» reste inerte.
L’ordre
ou le souhait de créer un univers émane de la Conscience Initiale.
Le
point de départ d’un univers n’a pas lieu fortuitement, sans raison, sous
l’effet d’une singularité des lois naturelles.
L’univers
que réalise le «générateur universel» se conforme aux instructions préalables
de la Conscience Initiale.
Après
le départ originaire de la création d’un univers, tout fonctionne selon les
lois naturelles. Logique des causes entraînant les effets correspondants.
Afin
de pouvoir tout créer, le «générateur universel» est pourvu d’une démesurée
intelligence pratique.
La
démesurée intelligence pratique du «générateur universel» ne l’autorise
cependant pas à prendre l’initiative de créer un univers.
Le
«générateur universel» est doté d’intelligence pratique, pas du sens moral.
Pensons au fonctionnement de la nature.
Le
«générateur universel» a pour unique mission de satisfaire la Conscience
Initiale, pas d’occuper Sa place.
Ne
pas confondre la clé à molette avec son propriétaire.
Le
«générateur universel» perpétue l’existence de chaque monde.
A
tout moment, la Conscience Initiale peut décider de faire disparaître un
univers.
La
Conscience Initiale n’est pas capricieuse.
Néant créateur
Soutenir
l’inexistence d’une «volonté» créatrice du monde rend cette création
incompréhensible. Remplacer la Conscience Initiale par un «néant créateur» est
aussi absurde que gober l’invraisemblable génération spontanée.
Même
le plus ignare en informatique sait que les logiciels nécessitent, bien qu’«invisibles»,
d’innombrables lignes de code pour fonctionner. Cette programmation requiert
une intention et de l’intelligence. «Rien ne naît de rien»…
Ode au néant
L’athéisme est une religion supérieure aux autres
pour la bonne raison qu’elle repose sur un fondement miraculeux sans
équivalent. Evidemment, pas grâce à son dieu (lequel s’appelle
«Quinexistepas»), vu que celui-ci est inopérant. La supériorité de la religion
athée, sur toutes les autres, est ailleurs. Elle réside dans son mystère, Un
mystère qui surpasse, et de loin, tous les autres mystères. A la différence de
la réponse habituelle: Dieu, expliquant l’origine du monde, les athées
soutiennent: le néant. Or fabriquer un univers viable n’est pas une mince
affaire. Les religieux apprennent que même pour Dieu, l’exercice fut exténuant.
Six jours d’un labeur intense et le septième, épuisé, selon toute
vraisemblance, Il s’allongea sur son clic-clac. Et ça, le néant ne pouvait
l’ignorer. On ne le prenait pas au dépourvu. Ce n’était pas gagné d’avance.
D’autant qu’il se savait dépourvu de carrure divine. Aussi, devant l’ampleur
titanesque de la tâche, il dut s’adresser au dieu Quinexistepas.
– Je n’y arriverai jamais tout seul, il faudrait me
donner un coup de main.
– Sûrement pas!
– Et pourquoi donc?
– Parce que je n’existe pas!
Nulle mauvaise volonté ou paresse de sa part,
c’était juste un problème de pure logique. Le néant fut bien forcé d’en
convenir. Alors il prit son courage à deux mains et… Et… Et… Comment y parvint-il?
Dieu seul le sait, et personne d’autre. C’est ça, l’insondable mystère de
l’athéisme. Avec du parfait néant (en petite ou grande quantité, ce n’est pas
précisé), on fait quelque chose. Nous sommes tous obligés de le reconnaître,
l’univers existe. Avec des preuves irréfutables telles que l’œuf et la poule,
même si certains continuent à se poser des questions à leur sujet. Bref, le
néant réussit à terminer le boulot. Mais dans quel état? Harassé, fourbu,
éreinté, complètement lessivé, vanné, en capilotade, rompu, moulu, vidé, pompé,
crevé. Et il n’en fut guère récompensé car les athées sont sacrément ingrats.
Alors que le néant fit preuve d’un trésor d’imagination agrémenté de subtilités
sans bornes, les oublieux le rangent dans une catégorie où s’illustrent ce
gredin de «chaos», qui agit comme un malotru, et l’ingérable «hasard», qui
fourre son nez partout. Pas la moindre considération particulière. Pas la plus
modeste commémoration. Pas un seul jour du calendrier pour honorer sa mémoire.
Au besoin, un jour non férié eut fait l’affaire, pourvu qu’il ne fut pas trop
mal placé. Des nèfles, oui!
Aucun édifice dédié à son évocation, à la
célébration de sa prouesse originelle. Bernique! Pas d’autels domestiques où
trônerait son portrait (un simple cadre évidé offre pourtant une belle
ressemblance). Avec ne serait-ce que quelques fleurs en plastique achetées au
rabais. Ce n’est quand même pas demandé l’impossible. Macache! Sans compter que
ses «fidèles» n’accordent pas de majuscule à son auguste nom. Alors qu’il suffirait
d’une seconde pour écrire correctement Néant. Sinon, le grand Néant, beaucoup
mieux encore. Ça ne coûte pas un rond et ça fait toujours plaisir. Des clous,
ouais! Est-ce parce qu’il ne se remit jamais de sa dépense d’énergie
monstrueuse lors de la création, ou, plus prosaïquement, boude-t-il? Quoi qu’il
en soit, depuis ce prodige initial, le néant ne crée plus rien. Il n’en fiche
carrément plus une rame. Tous les scientifiques sobres le confirment. Que
dalle! Même pas le plus petit, insignifiant, moins onéreux, dérisoire cadeau de
lessive. Nib!
Moralité: sans être bourré, affirmer que le néant
produit quelque chose, c’est, à la manière d’un banal dévot, croire aux
miracles. C’est avaler, tel un gros gogo gobeur, ce fameux méga-miracle laïque
des origines.
Attendu que l’intitulé fait mention d’ode, il est
temps d’oder religieusement.
Néant, ô toi dont le patronyme rime avec néon (au
diable les pinailleurs), que chante le paon enrhumé.
Néon, tellement semblable à toi, ô Néant, puisque
l’éclairage artificiel tire d’embarras ceux qu’entoure l’obscurité. Tandis
qu’il faut chercher une clé à l’intérieur de la cave, si profonde. Ou sous le
porche, si discret. Ou dans le corridor, si long. Ou la remise, si encombrée.
Ou près du toit, si haut. Les cloportes dégagent. La voie de garage cesse de
l’être.
O Néant, tu ravis l’athée au logis.
Si
le néant existait, dans la signification ultime du concept, sa désignation
serait impossible. Nul ne pourrait même y penser. Introuvable. Même le vide
extrême des confins sidéraux est déjà quelque chose: de l’énergie. Faire
figurer le néant dans une application informatique nécessiterait d’ajouter, au
moins, une ligne de code. La Conscience Initiale n’a jamais écrit une «ligne de
code» pour substantifier la chose qui n’existe pas. Au demeurant, une
contradiction insoutenable. Le néant ne se trouve nulle part. Il n’existe que
la conscience et l’énergie. Rien d’autre. Alors l’athée qui compte se réfugier
dans le néant après sa mort, où ira-t-il s’enterrer?
Les parieurs
sur l’après mort gagnent à tous les coups
Soit il y a quelque chose après la mort, auquel cas
ce quelque chose s’applique même à l’athée. Soit il n’y a rien après la mort,
auquel cas ce rien s’applique même au croyant.
Premier cas: l’athée, comme disent les Suisses, sera
déçu en bien.
Second cas: le croyant ne sera pas déçu puisqu’il ne
le saura jamais.
Il
n’existe pas de preuve matérielle que Dieu existe. Il existe des preuves
matérielles que notre monde existe. Sans «cause» explicative, notre monde
n’existerait pas. Qu’en déduire? Preuve par l’absence de preuve. Il ne peut pas
ne pas y avoir une «cause sans cause» expliquant la formation de l’univers.
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