Monde sans mal
La
Conscience Initiale fit créer, par le «générateur universel», un monde où aucun
mal n’existait.
Pour
qu’aucun mal n’apparaisse dans ce monde «parfait», un mécanisme automatique
(ressemblant vaguement au système karmique) endiguait sur-le-champ chaque
velléité agressive des individus. A la façon d’un corset très serré qui empêche
de respirer.
Les
habitants du monde «parfait» étaient comme des rats de laboratoire qui, pour un
certain comportement, subissent une pénible décharge électrique.
Leur
vivacité étant systématiquement réprimée, ces individus «parfaits» ne se
risquaient jamais à entreprendre la moindre action inventive.
Les
habitants du monde «parfait» avaient tous un comportement d’aliéné sous
puissant tranquillisant.
Les
habitants du monde «parfait» étaient abouliques. Aucun ne faisait preuve
d’initiative. Aucun n’avait d’aptitude artistique: des chiffes molles. Pour la
Conscience Initiales: des créatures dépourvues d’intérêt.
Qualifier
d’«anges» ces créatures indolentes serait leur faire trop d’honneur. Elles
n’avaient aucune connaissance de la morale.
Dieu
créateur veut engendrer des êtres créateurs, pas des larves improductives.
Pas
une de ces chiffes molles ne se distinguait des autres. On pourrait les
comparer à d’uniformes gemmes vitreuses. A l’opposé, chaque être «libéré»
serait un diamant unique, aux innombrables teintes sublimes.
Dans
le monde du «bien» structurellement forcé, la conscience de ses habitants est
mutilée.
Dans
les espaces-temps uniquement ouverts aux êtres «libérés», le mal n’existe pas
car ils le décident ainsi.
Aucune
créature conçue par le «générateur universel» n’est naturellement bonne, pas
plus qu’un robot élaboré par l’homme n’est «naturellement bon».
Emanant
de la Conscience Initiale, chaque conscience n’est pas naturellement bonne.
Echappant
à l’entendement limité des hommes, la Conscience Initiale n’est ni bonne ni
mauvaise. Son immense amour immanent n’admet qu’une finalité heureuse pour les êtres
créés par Elle.
Le
don de la conscience est un cadeau inestimable fait aux hommes.
Sauf
pour la Conscience Initiale, l’amour s’apprend.
L’univers
«sans mal» s’avérant une impasse, la Conscience Initiale permit aux «chiffes
molles» d’exprimer librement leur nature profonde.
Toutes
les «chiffes molles» trouvèrent ce changement attrayant.
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