Je suis Charlie
J’emmerde…
Lucifer
a détaché la bride du diable et les laisses des démons. Le lumineux partenaire
de Dieu fait flairer l’odeur pestilentielle des égorgeurs d’Allah et leurs
suppôts aux bêtes apocalyptiques, qui partent aussitôt en chasse. Il n’oublie
aucune ordure religieuse. Pas de quartier! L’engeance maudite doit disparaître
pour qu’apparaisse un monde nouveau.
Puisque les forces du bien et du mal
s’affrontent, la Conscience Initiale a besoin d’un adversaire. Comme aux
échecs, dont les règles, d’ailleurs, peuvent inspirer des réflexions profondes.
Cet adversaire est Lucifer. En réalité, pas un adversaire, mais Son partenaire.
Pas plus que le pire des criminels
humains, Lucifer n’est damné pour l’éternité. L’«ange déchu» n’a pas davantage
une nature d’ange que le meilleur des hommes sans défaut sur terre (en
admettant son existence possible). Mythe inconcevable. Exposé au mal, tout ange
se comporterait comme une poule devant un couteau. Laissons par conséquent
cette figure de vitrail aux ingénus. La Conscience Initiale S’est façonnée une
altérité à partir d’un de Ses aspects. Telle la face cachée d’une étoile.
Brillance «obscure». La Conscience Initiale peut dès lors «jouer» avec
Elle-même. Avec un stratège à Sa mesure. Lucifer sert la Conscience Initiale.
C’est sa mission.
Depuis le début de l’humanité,
l’enchaînement des événements, que les hommes nomment histoire, est ouvert.
Concernant l’essentiel, les hommes déterminent leur destin librement, au niveau
individuel ou collectif. La Conscience Initiale, avec le concours de Lucifer,
veille seulement à éviter des errements irréversibles, sur une grande échelle,
qui compromettraient l’évolution d’innombrables personnes. Jamais plus de mal
déchaîné que l’humanité en progression ne pourrait résorber. Pas plus, mais pas
moins: à l’heure du «solde de bilan» d’une époque. Les proportions justes
doivent être respectées. Ainsi le veut la règle divine. Peu ou prou, nul humain
n’est en état d’échapper aux effets désastreux des causes perverses. Règle à
jamais inchangée. Ni la Conscience Initiale ni Lucifer ne s’autorisent une
dérogation.
L’assistance céleste ne consiste pas à
tenir le glaive de chaque combattant. Il s’agit, pour la Conscience Initiale
(comme pour Son partenaire), de rendre propices certains moments déterminants
au moyen d’incidents subtils, indécelables. Les «miracles» tels que «mer qui
s’ouvre en deux», «marcher sur l’eau» ou «chevauchée dans le ciel» sont
imaginés par des fabulateurs voulant subjuguer les gogos assoiffés de
merveilleux, faciles à berner.
Ce duel entre démiurges appelle des
stratégies raffinées. Les meilleurs «coups» sont imprévisibles, ceux
nécessitant le moins d’intervention possible. Cela pourrait se comparer à
l’expression artistique. L’économie de moyens qui produit le maximum d’effet.
Bravo les Artistes! Quoi qu’il arrive, la Conscience Initiale ne perd jamais.
Comme aux échecs, une partie s’arrête toujours un coup avant la «prise du roi».
Le diable est une bête répugnante que
seul Lucifer sait manœuvrer. Comme la Conscience Initiale, Sa face cachée ne se
«salit jamais les mains». En chef de meute, à la tête d’une foule
d’innombrables démons, le diable fait le sale boulot. Là où on lui dit, comme
on lui dit. Pas ailleurs. Pas plus.
Comme les «démons», le diable est une
sorte de virus, pas «vivant» au sens des créatures organiques. Son existence
dépend du «terrain». Si l’ensemble des gens parvenaient à ne plus outrepasser
les règles divines qu’inspire la sagesse, il disparaîtrait aussitôt,
automatiquement. Mais à la moindre rechute, le voici de retour. Les «démons» ne
ressemblent pas forcément aux créatures de l’iconographie artistique. Il s’agit
de forces qui doivent rééquilibrer la disharmonie du monde. L’entendement de
leur présence peut varier. Prenons une analogie. Un homme moderne met les
doigts dans une prise électrique. Il se dit: «je n’ai pas coupé le courant».
Maintenant, un primitif, n’ayant jamais entendu parler d’électricité, touche
cette prise. Il se dit: «se tient là un méchant génie». Pourtant, dans les 2 cas,
c’est la même chose. Chacun prend une forte secousse.
La soumission du diable a une raison. En
présence de Lucifer, le Malin ch… dans son froc. Pas pour se parfumer, par
trouille. Comme un asticot près de l’hameçon. Devant cette puissance
incommensurable, tout homme ferait de même. Autant, si la chose était possible,
se tenir à proximité du soleil en éruption.
L’armée des forces du bien recrutent les
hommes «libérés». Ceux-ci œuvrent, avec la coopération des simples mortels
estimables, consciente ou non, afin que s’appliquent les directives de la
Conscience Initiale. L’armée des forces du mal est composée d’une foule de
«démons». S’enrôlent dans ses rangs, les individus, consciemment ou pas, qui
cèdent à leurs mauvaises pulsions.
Jusqu’ici, le diable pouvait mystifier
les croyants niais avec sa cour de féaux revêtus d’habits religieux. L’heure
est venue d’un changement d’époque. Naissance d’une ère nouvelle. Désormais, ça va barder pour les zélateurs de la violence en Son nom.
Les fatwas de mise à mort et l’exhortation au «petit jihad» vont leur rentrer dans la gorge. Quand
Lucifer «dit» de pareilles choses, il ne plaisante pas. Cela n’a rien de
promesses en l’air.
Lucifer tient du régisseur, en coulisse,
qui organise le spectacle conçu par un autre. Son nom n’est pas destiné à
figurer en gros sur les affiches. Il porte et apporte la lumière, mais ne se
met pas en lumière.
Ayant bénéficié de l’entière liberté
d’agir, Lucifer se comporta comme toutes les créatures auxquelles est accordé
ce privilège, il en abusa. La Conscience Initiale dut le mater.
Aucun temple pour Lucifer. Aucun culte
ne doit le célébrer. Aucun chant de louanges pour lui. Aucune prière adressée à
lui (sans effet). Aucun prêtre n’officie pour lui. Aucun apôtre ne prêche pour
lui. Aucun prédicateur n’endoctrine pour lui. Ne pas prononcer son nom en
public lui convient. Tout temple, culte, thuriféraire, existant ne dispose
aucunement de son soutien.
S’ils le veulent, les artistes peuvent
faire figurer Lucifer, d’une manière allusive ou non, dans leurs œuvres. Et
même, autant qu’ils le veulent. L’air sympathique aussi bien que terrifiant.
Peu importe. Pour lui, cela revient au même. Sa réputation l’indiffère.