Par Dieu, entendons ici
la réponse aux grandes questions posées par l’homme depuis que ses
interrogations portent sur des notions abstraites: existence de
Dieu, origine du monde, sens de sa vie, quelque chose après la mort…
Alors imaginons un photographe métaphorique
souhaitant avoir des réponses à ces questions. Avec son appareil photo métaphorique,
muni d’un flash métaphorique, il appuie sur le déclic métaphorique.
Seulement, la lumière de son flash métaphorique,
comme tout flash physique en ce bas monde, produit un éclairage «plat», sans relief,
qui permet de reconnaître tout juste le sujet.
Autre problème du flash: le premier plan est
«cramé», surexposé.
Quant au fond, éloigné du sujet,
il est par contre très sombre, sous-exposé. On ne voit presque rien.
Explication: cette source lumineuse unique, placée à
côté de l’objectif, est la métaphore de quoi? Il s’agit de l’éclairage porté
sur une religion hégémonique, à la vision étroite et limitée.
Alternative à cette investigation étriquée.
D’abord, on emploiera une lumière réduite qui sera
dirigée sur le premier plan. Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur la
sorcellerie, le chamanisme, les hommes-médecine…
Puis, pour le sujet, au centre, on
aura recours à un éclairage assez puissant, venu d’en haut, quelque part entre
latéral et facial, d’un côté ou de l’autre. Explication: il s’agit, pour le photographe,
de l’éclairage porté sur sa propre religion. Ou bien sur le contexte
civilisationnel qui a présidé à son éducation.
Côté opposé, on installera une lumière venue aussi
d’en haut, également située entre les positions latérales et faciales, mais
moins intense, afin de créer du modelé, de la profondeur, sur le sujet. Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur tous
les grands courants religieux.
Face au sujet, on mettra une
petite lampe flood, à hauteur d’homme, dont l’intensité mesurée permettra
d’adoucir le contraste, juste assez pour déboucher certaines ombres. En
particulier, ce triangle noir, disgracieux, sous le nez. Explication: il s’agit
de l’éclairage porté sur l’athéisme.
Par-derrière, on fera plonger un puissant projecteur
qui frise le sujet, créant un liseré surexposé.
Notre sujet se détache désormais parfaitement du
fond. Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur l’ésotérisme.
Il existe également la possibilité de disposer
différemment ce puissant projecteur, cette fois, orienté de bas en haut, et
placé par-devant. A déconseiller aux âmes sensibles car il rend le sujet effrayant (technique des films d’horreur).
Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur l’occultisme chtonien.
Quant au fond, il est trop vaste. Une seule lampe,
même très puissante, ne suffirait pas. Le photographe va donc disposer une
multitude de projecteurs directifs, chacun orienté sur un détail intéressant.
Explication: il s’agit de l’éclairage porté sur la philosophie, la psychologie,
la psychanalyse, la sociologie, l’ethnologie, le paranormal, l’anthropologie,
les mythologies, les contes et légendes, la littérature, les langues, la
sémantique, la philologie, la communication, l’art, l’archéologie, l’histoire,
l’astronomie…
L’observateur avisé constatera donc que pour avoir
la meilleure connaissance concernant cette question, plus on diversifie les
éclairages, plus on a des chances de se faire une idée satisfaisante du sujet.